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L'OCS lance des piques contre les Etats-Unis

Bichkek - La Russie et l'Iran ont lancé des piques contre les Etats-Unis jeudi lors du sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS).

Cet organe est présenté comme un contrepoids face à l'influence américaine en Asie centrale.

«Nous sommes convaincus que (...) toutes les tentatives de résoudre seul les problèmes mondiaux et régionaux sont vaines», a déclaré le président russe Vladimir Poutine, fervent critique de «l'unilatéralisme» américain, à l'issue de ce sommet organisé dans la capitale kirghize Bichkek.

La déclaration commune des pays membres de l'OCS (Russie, Chine, Kazakhstan, Kirghizstan, Ouzbékistan, Tadjikistan) souligne que «les actions unilatérales» ne peuvent répondre «aux menaces contemporaines».

Bouclier antimissile

Mais c'est le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, présent en vertu du statut d'observateur de l'Iran, qui a tiré la plus grosse salve sur les Etats-Unis. Il a qualifié le projet américain de bouclier antimissile de «menace» pour «toute l'Asie», et notamment les pays de l'OCS.

Le chef de l'Etat iranien rejoint ainsi la position de la Russie qui s'estime visée par ce système alors que Washington assure vouloir de cette manière se protéger, ainsi que l'Europe, d'une potentielle menace nucléaire iranienne.

«On peut probablement comprendre le président iranien (...), parce que la menace constituée par son pays est inventée et utilisée comme un prétexte», a insisté le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, répétant que l'Iran ne constituait pas une menace.

Ironie de l'histoire, les participants au sommet sont arrivés à l'aéroport de Manas, proche de Bichkek, où les Américains disposent d'une base militaire servant de soutien aux forces engagées en Afghanistan.

«Guerre contre le terrorisme»

L'OCS, fondée en 2001 pour lutter contre le terrorisme et le séparatisme, est souvent accusée d'être un «club de dictateurs» voulant contrer l'influence américaine en Asie centrale, une région riche en hydrocarbures. Les six Etats membres ont toutefois insisté sur leur coopération en matière de «lutte contre le terrorisme».

L'Afghanistan, dont le président Hamid Karzai avait été invité à cette réunion, figurait aussi en bonne place dans les discussions. Le président ouzbek Islam Karimov a appelé à une «démilitarisation» de ce pays pour permettre sa stabilisation, sous-entendant que la présence militaire américaine ne pourrait jamais y garantir la paix.

SDA/ATS

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