Syrie: L'ONU «a laissé tomber les Syriens»
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SyrieL'ONU «a laissé tomber les Syriens»

Plus de 200 ONG en appellent à l'Assemblée générale de l'ONU pour qu'elle fasse bouger le Conseil de sécurité sur le dossier syrien.

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Un accord a été conclu «sous la houlette de la Russie et de la Turquie» pour évacuer les civils et les rebelles à Alep. (13 décembre 2016)

Un accord a été conclu «sous la houlette de la Russie et de la Turquie» pour évacuer les civils et les rebelles à Alep. (13 décembre 2016)

AFP
Les rebelles se sont retirés lundi de six nouveaux quartiers importants d'Alep face à l'avancée de l'armée syrienne rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Ils ne sont plus que dans une petite poche dans la deuxième ville de Syrie. La prise d'Alep n'est «plus qu'une question de temps», selon l'OSDH. (12 décembre 2016)

Les rebelles se sont retirés lundi de six nouveaux quartiers importants d'Alep face à l'avancée de l'armée syrienne rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Ils ne sont plus que dans une petite poche dans la deuxième ville de Syrie. La prise d'Alep n'est «plus qu'une question de temps», selon l'OSDH. (12 décembre 2016)

AFP
Plus de de 10'000 civils ont fui les quartiers rebelles d'Alep depuis minuit en raison des violents bombardements. (Dimanche 11 décembre 2016)

Plus de de 10'000 civils ont fui les quartiers rebelles d'Alep depuis minuit en raison des violents bombardements. (Dimanche 11 décembre 2016)

AFP

Plus de 200 organisations humanitaires et de défense des droits de l'homme en appellent à l'Assemblée générale de l'ONU pour qu'elle fasse bouger le Conseil de sécurité sur le dossier syrien.

Le Conseil «a laissé tomber les Syriens», écrivent les 223 ONG signataires de l'appel publié jeudi à New York.

Selon une disposition datant de 1950, l'Assemblée peut prendre le relais du Conseil dans les cas où celui-ci se révèle incapable de préserver la paix et la sécurité internationales. Mais ses pouvoirs sont limités.

Cette disposition a déjà été utilisée à huit reprises pour tenter de dénouer des crises où le Conseil était dans l'impasse: en Corée en 1950, au Congo en 1960 ou en 1980 après l'invasion russe en Afghanistan, avec des résultats plus ou moins probants. Les ONG appellent donc les 193 pays membres de l'ONU à «demander une session spéciale d'urgence».

En se saisissant du dossier syrien, l'assemblée générale peut remédier à la paralysie du Conseil de sécurité. Ce dernier s'est en effet montré impuissant devant l'offensive meurtrière du régime sur Alep-Est.

Elle doit exiger la fin de toutes les attaques illégales à Alep et ailleurs en Syrie ainsi qu'un accès humanitaire libre et immédiat» aux civils assiégés. Les pays membres devraient aussi trouver le moyen de poursuivre les auteurs de crimes graves en Syrie devant la justice internationale, estiment-ils.

D'autres initiatives

Depuis le début du conflit en Syrie en mars 2011, la Russie a mis cinq fois son veto à des résolutions du Conseil et la Chine quatre fois. Contrairement au Conseil, il n'y a pas de veto à l'Assemblée mais ses décisions ne sont pas contraignantes.

Cette initiative de la société civile rejoint celle lancée par le Canada, qui a déjà mobilisé 73 pays pour demander une réunion spéciale de l'Assemblée sur la Syrie. Cette réunion devrait être organisée «dès que possible», affirment les signataires de la déclaration.

Moraliser le veto

La France, rejointe par une centaine de pays, a de son côté pris la tête d'un mouvement visant à moraliser l'usage du veto au Conseil. Celui-ci ne devrait pas être utilisé dans les cas d'atrocités de masse, estime Paris.

Parmi les 223 signataires de 45 pays figurent Amnesty international, Human Rights Watch, Oxfam, CARE international, Save the Children et 63 organisations syriennes. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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