Actualisé 12.06.2009 à 19:57

Nucléaire

L'ONU alourdit ses sanctions contre la Corée du Nord

Le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé vendredi à l'unanimité d'alourdir son régime de sanctions contre la Corée du Nord.

Il a pris cette décision en réponse à son essai nucléaire du 25 mai, faisant craindre à Washington une réaction «irresponsable» et un nouveau test de Pyongyang.

La Maison Blanche a déjà mis en garde sur la réaction du régime communiste, disant s'attendre «à ce que la Corée du Nord agisse de façon irresponsable et dangereuse».

Selon le ministère sud-coréen de la Défense, Pyongyang pourrait procéder à un troisième essai nucléaire en réponse à la résolution onusienne.

Les tensions entre les deux Corées sont particulièrement aiguës depuis que le régime nord-coréen a mené son deuxième essai nucléaire le 25 mai, condamné par l'ONU. Pyongyang a également annoncé n'être plus lié par l'armistice de 1953 ayant mis fin à la guerre de Corée.

Système renforcé d'inspection

La résolution, numérotée 1874, met en place un système renforcé d'inspection des cargaisons aériennes, maritimes et terrestres à destination ou en provenance de Corée du Nord, y compris en haute mer, et un élargissement de l'embargo sur les armes.

Le texte prévoit aussi un alourdissement des sanctions financières à l'encontre de Pyongyang, l'allongement d'ici 30 jours de la liste des entités nord-coréennes frappées d'un gel de leurs avoirs financiers à l'étranger et l'inclusion d'individus sur cette liste.

Il vise ainsi à empêcher les activités nucléaires et balistiques du régime stalinien et à assécher les revenus qu'il tire de ses ventes d'armes et de technologie.

Pyongyang est déjà sous le coup de sanctions du Conseil de sécurité prévues par la résolution 1718, adoptée en octobre 2006 après son premier essai nucléaire.

Appui de Pékin et Moscou

La résolution a été rédigée par les Etats-Unis et négociée âprement pendant quinze jours avec les quatre autres membres permanents du Conseil dotés du droit de veto (Chine, France, Grande- Bretagne, Russie), le Japon et la Corée du Sud.

La Chine et la Russie, qui avaient dans le passé été réticentes à approuver des sanctions contre la Corée du Nord, ont soutenu le texte qui a maintenant valeur contraignante en droit international.

De sources diplomatiques, on s'interroge cependant sur la volonté de Pékin d'appliquer intégralement ces sanctions. La Chine a ignoré les directives contenues dans une résolution contre la Corée du Nord adoptée en octobre 2006, après le premier essai nucléaire nord- coréen.

Retour aux pourparlers exigé

La résolution «condamne dans les termes les plus forts» l'essai nucléaire du 25 mai et «exige que la Corée du Nord s'abstienne de tout nouvel essai ou tir de fusée utilisant la technologie des missiles».

Elle exige que Pyongyang «suspende toutes ses activités liées à la technologie des missiles balistiques (...), revienne sur son annonce de retrait du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP)» et réintègre celui-ci «le plus tôt possible».

La Corée du Nord devra également «abandonner tous ses programmes d'armement nucléaire de manière complète, vérifiable et irréversible» et rejoindre au plus tôt le Traité d'interdiction des essais nucléaires (CTBT).

Enfin, l'ONU appelle Pyongyang à revenir aux pourparlers à six (avec la Corée du Sud, la Chine, le Japon, les Etats-Unis et la Russie) visant à dénucléariser la péninsule coréenne.

(ats)

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