Syrie : L'ONU autorise l'envoi d'observateurs
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Syrie L'ONU autorise l'envoi d'observateurs

Le Conseil de sécurité de l'ONU a approuvé à l'unanimité samedi l'envoi d'observateurs pour surveiller le fragile cessez-le-feu.

Le Conseil de sécurité a adopté à l'unanimité de ses quinze membres la résolution 2042, la première sur la Syrie, autorisant le déploiement d'une équipe de 30 observateurs non armés.

«Cinq ou six» d'entre eux ont pris l'avion après le vote samedi, a indiqué Kieran Dwyer, porte-parole du département des opérations de maintien de la paix de l'ONU. Les autres devraient les rejoindre dans les prochains jours.

Au total, la mission complète devrait compter 250 hommes, selon l'ONU. Son déploiement se fera sur plusieurs semaines et nécessitera une nouvelle résolution. Moscou et Pékin, qui avaient bloqué des résolutions précédentes, ont donné leur accord après de longues tractations.

Mais au troisième jour du cessez-le-feu instauré conformément au plan de l'émissaire international Kofi Annan, le régime et les opposants continuent de s'accuser de violer la trêve, même si l'intensité des violences n'est pas comparable aux derniers mois où les victimes se comptaient chaque jour par dizaines.

Dans l'incident le plus meurtrier depuis la trêve, les forces de sécurité auraient tué quatre civils à Alep, au nord du pays, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), alors que la télévision d'Etat a accusé les rebelles qualifiés de «terroristes armés», d'être à l'orgine des violences à Alep.

Le CNS salue la résolution

«Des groupes se sont répandus dans Hay al Etha (un quartier d'Alep), ont ouvert le feu à l'aveuglette et se sont attaqués à des biens publics et privés», a indiqué la chaîne, les accusant d'»oeuvrer à saboter le plan Annan».

Les troupes auraient aussi abattu un civil à Dmeir dans la province de Damas et bombardé Homs, au centre, où un civil aurait péri, selon l'OSDH. Parallèlement, deux membres des forces de sécurité sont morts dans une attaque à Deraa, au sud.

Le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition syrienne, a salué la résolution onusienne, un «premier pas important de la communauté internationale dans ses responsabilités à l'égard du peuple syrien».

A l'ONU, l'ambassadrice américaine Susan Rice a estimé peu après le vote que le regain de violence «fait douter à nouveau sérieusement de la volonté du régime» de Bachar al-Assad de respecter le cessez-le-feu.

Manifestations sans incidents

De son côté, le ministre des Affaires étrangères français, Alain Juppé, a espéré dans un communiqué que la résolution marque «un tournant vers une sortie de crise en Syrie et qu'elle ouvre la voie à une cessation totale des violences». Et Londres et l'Union européenne ont appelé la Syrie à coopérer avec les observateurs.

De nouvelles manifestations ont en outre eu lieu dans plusieurs villes, sans qu'aucun incident ne soit signalé. Ce type de rassemblements étaient brutalement réprimés ces derniers mois.

Les militants pro-démocratie ont appelé samedi sur leur page Facebook «Syrian Revolution 2011» à une «semaine de la révolution des Syriens». L'opposition a dit ne pas être rassurée quant à l'application du plan Annan visant à mettre fin à la répression depuis un an d'une révolte populaire.

«La présence d'observateurs va réduire les tueries sans aucun doute, mais comment 30 observateurs peuvent-ils travailler sur toute la Syrie?», s'est interrogé un responsable du Conseil national syrien. La résolution 2042 exige des garanties du régime Assad sur la sécurité des observateurs, leur liberté de mouvement et la confidentialité de leurs déplacements. (ats)

Au moins un million de déplacés

Au moins un million de personnes ont été déplacées à l'intérieure de la Syrie au cours des treize derniers mois de violences, a déclaré samedi le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon.

«Nous sommes très préoccupés par le fait qu'au moins un million de personnes ont été déplacées à l'intérieur de la Syrie et qu'il y a aussi beaucoup de réfugiés syriens dans les pays voisins», a indiqué le secrétaire général dans des déclarations publiées par l'Onu après une réunion avec l'émissaire pour la paix Kofi Annan à Genève.

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