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Nucléaire nord-coréenL'ONU condamne et prépare des sanctions

Le Conseil de sécurité de l'ONU a «fermement» condamné vendredi le cinquième essai nucléaire nord-coréen.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban ki-Moon, condamne l'essai nucléaire nord-coréen à New York le 9 septembre 2016.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban ki-Moon, condamne l'essai nucléaire nord-coréen à New York le 9 septembre 2016.

photo: Keystone

Le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé de se mettre immédiatement au travail pour s'accorder sur une nouvelle résolution imposant à Pyongyang des sanctions.

Les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne et le Japon notamment, avaient réclamé de nouvelles et lourdes sanctions contre la Corée du Nord. Celle-ci est déjà frappée depuis mars par de très sévères restrictions économiques, financières et commerciales, à la suite de son quatrième test atomique mené en janvier.

Washington et Pékin avaient mis deux mois à mettre au point cette résolution.

«La Corée du Nord cherche à perfectionner ses armes nucléaires et leurs lanceurs afin de tenir en otage la région et le monde, sous la menace d'une frappe nucléaire», a jugé la représentante américaine aux Nations unies, Samantha Power, avant la réunion.

Chine prudente

«Nous allons prendre de nouvelles mesures importantes, notamment de nouvelles sanctions pour montrer à la Corée du Nord que ses actions illégales et dangereuses ont des conséquences», a-t-elle ajouté.

Mais l'ambassadeur chinois Liu Jieyi s'est montré très prudent vendredi. Il a estimé qu'il faut «s'abstenir de toute provocation des deux côtés». Pour imposer de nouvelles sanctions ou appliquer strictement celles existantes, il faudra compter sur la bonne volonté de Pékin, de loin le premier partenaire économique de Pyongyang.

La Corée du Sud, les Etats-Unis, le Japon, la Russie et la Chine ont tous condamné ce cinquième essai nucléaire, le plus puissant jamais mené par le régime communiste selon Séoul. Qualifiant l'essai de «provocation», le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon avait exhorté le conseil «à agir de manière appropriée».

Les résolutions de l'ONU interdisent à Pyongyang toute activité nucléaire ou balistique. Cinq séries de sanctions internationales ont visé le pays depuis son premier test atomique en 2006.

Missile nucléaire

La Corée du Nord a affirmé vendredi avoir réussi à tester une tête nucléaire susceptible d'équiper un missile. D'après les médias officiels nord-coréens, ce dernier test a permis à Pyongyang d'atteindre une capacité de miniaturiser une ogive nucléaire afin de pouvoir la monter sur un missile.

L'essai a été mené le jour anniversaire de la fondation de la Corée du Nord en 1948.

«Cette explosion de dix kilotonnes, c'était presque deux fois plus que le quatrième essai nucléaire et légèrement moins que le bombardement d'Hiroshima, qui avait été mesuré à 15 kilotonnes environ», a expliqué l'agence météorologique sud-coréenne.

L'essai sera scruté de près par les experts qui chercheront à déterminer s'il a permis au Nord de réaliser de nouveaux progrès, et s'il s'agit d'une bombe atomique ou d'une bombe à hydrogène, bien plus puissante. Les analystes penchent, d'après les données préliminaires, pour un engin classique.

Pyongyang avait affirmé que son quatrième essai nucléaire, le 6 janvier, avait porté sur une bombe à hydrogène, une revendication mise en doute par les spécialistes.

Pékin sous pression

Si Pyongyang arrivait à fabriquer une bombe nucléaire assez petite pour équiper un missile, et renforcer la précision, la portée et la capacité de ses vecteurs, elle se rapprocherait de son objectif maintes fois affiché: être capable d'atteindre des cibles américaines.

Cependant, pour Melissa Hanham, experte à l'institut Middlebury des études internationales, «il n'est pas vraiment possible pour nous de vérifier qu'il s'agissait d'une tête compacte à partir des données sismiques».

La Chine, dont les Occidentaux attendent qu'elle ramène Pyongyang à la raison, «va se retrouver dans la position la plus délicate», a estimé Shunji Hiraiwa, professeur à l'université Kwansei Gakuin et spécialiste de la Corée. Lundi, la Corée du Nord avait lancé trois missiles balistiques alors que se tenait en Chine un sommet du G20.

Mais les marges de manoeuvre sont limitées. La Chine cherche à éviter un effondrement du régime nord-coréen qui créerait une crise à sa frontière et ferait pencher la balance du côté américain.

(nxp/afp)

(NewsXpress)

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