Actualisé 07.08.2015 à 15:21

France

L'ONU demande un plan d'urgence pour Calais

Les Nations Unies pressent Paris de mettre les moyens pour régler la crise des migrants dans la région de Calais, où la plupart d'entre eux tente de franchir la Manche pour rejoindre l'Angleterre.

L'ONU demande aussi que soient mobilisés les moyens engagés lors des catastrophes naturelles.

L'ONU demande aussi que soient mobilisés les moyens engagés lors des catastrophes naturelles.

Le Haut Commissariat de l'ONU aux Réfugiés (HCR) a appelé vendredi la France à présenter un plan d'urgence «global» pour traiter la crise des migrants à Calais. Il demande aussi que soient mobilisés les moyens engagés lors des catastrophes naturelles.

«Le HCR réitère son appel de l'été 2014 pour une réponse urgente, globale et durable en premier lieu par les autorités françaises», souligne un communiqué du HCR diffusé à Genève. Il rappelle à la France ses devoirs en termes de droits de l'Homme face à quelque 3000 migrants qui cherchent à se rendre en Grande-Bretagne depuis Calais.

«Traitez-le comme une urgence civile», a affirmé Vincent Cochetel, responsable de la division Europe du HCR, soulignant que cette crise est tout à fait «gérable». Mais il appelle à ne pas se limiter à des «mesurettes», rappelant que ce problème se pose depuis 14 ans et qu'il «va continuer», car «on ne peut pas changer la géographie».

Loger les réfugiés dans des casernes

«Personne ne prend les mesures adéquates pour mettre fin à cette situation», a-t-il dit, demandant notamment que soient utilisées des casernes inoccupées en France pour loger ces réfugiés et leur fournir des conditions de vie adéquates.

Le responsable de l'agence de l'ONU demande également une révision du processus des demandes d'asile en France, qui exige sept semaines avant de pouvoir enregistrer ces demandes. Cette opération est réalisée le jour même dans de nombreux pays d'Europe.

Londres critiquée

Le HCR critique par ailleurs le manque de coopération de Londres, qui refuse notamment de considérer les demandes de personnes qui ont des liens avérés avec le royaume et qui lui sont transmises par les autorités françaises.

«Nous appelons le Royaume Uni et les autres pays de l'Union Européenne à travailler en collaboration avec les autorités compétentes françaises», souligne la déclaration du HCR.

«La situation à Calais est en grande partie le résultat d'une application non coordonnée et partielle du système commun européen pour l'asile par les pays de l'UE», estime le HCR.

L'urgence est d'autant plus grande que le nombre de femmes et d'enfants parmi ces migrants qui cherchent à traverser la Manche a augmenté et qu'ils constituent une population encore plus vulnérable. Le centre d'hébergement ouvert pour eux dans la ville par les autorités avec ses 150 places ne suffit pas, a estimé M. Cochetel.

Il demande également que ceux qui ne répondent pas aux critères de réfugiés et sont des migrants économiques soient reconduits dans leur pays «de façon humaine» par les pays européens.

La situation en Grèce préoccupe

«Il ne faut pas laisser d'autres Calais se développer», a lancé devant les journalistes à Genève Vincent Cochetel, directeur de la division Europe du HCR. Selon lui, Athènes doit agir d'urgence face à une situation jugée «absolument honteuse».

«En trente ans d'expérience humanitaire, je n'ai jamais vu une situation pareille», a-t-il dit après un déplacement sur les îles de Lesbos, Kos et Chios. «En ce qui concerne l'eau, les sanitaires, l'assistance alimentaire, c'est totalement inadéquat. Sur la plupart de ces îles, il n'y a pas de capacités d'accueil», a-t-il expliqué.

L'Europe doit se réveiller

Le HCR estime que, de janvier à juillet, environ 124'000 personnes sont arrivées de Turquie dans les îles grecques. «La Grèce doit se réveiller face à cette urgence», a déclaré M. Cochetel qui a aussi déploré que l'aide financière de l'Europe soit «trop faible et trop tardive».

A Bruxelles, une porte-parole a indiqué que l'UE espérait approuver la semaine prochaine le programme grec sur l'asile afin de pouvoir verser des fonds.

Pour le Premier ministre grec Alexis Tsipras, c'est une situation qui «dépasse» la Grèce. Il a promis des mesures pour «améliorer les infrastructures d'accueil (...), les procédures d'identification» et la «coordination» des actions, et a appelé l'Union européenne à aider son pays.

«Le moment est venu de voir si l'Union européenne est une Union européenne de la solidarité ou une Union européenne dans laquelle chacun tente de protéger ses propres frontières», a-t-il dit.

Occuper les casernes

Le HCR demande au gouvernement grec de «désigner d'urgence une seule autorité pour coordonner la réponse et mettre en place un mécanisme d'assistance humanitaire» et il salue «la réponse généreuse de la société civile grecque dans un contexte (économique) difficile».

M. Cochetel a rappelé qu'il y avait en Grèce de nombreuses casernes inoccupées, des terres non cultivées et des organisations humanitaires prêtes à aider. (ats/afp)

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