Actualisé 12.06.2012 à 07:50

SyrieL'ONU dénonce des «rafles d'enfants»

L'ONU, qui exige un accès à Haffé, dénonce la torture et les «rafles d'enfants» en Syrie, alors que les troupes loyalistes bombardaient mardi plusieurs localités du pays, faisant au moins dix morts.

Malgré la répression, les manifestants continuent de demander le départ de Bachar al-Assad. L'ONU dénonce des rafles d'enfants.

Malgré la répression, les manifestants continuent de demander le départ de Bachar al-Assad. L'ONU dénonce des rafles d'enfants.

Des soldats syriens ont torturé et exécuté sommairement des enfants, a accusé un rapport de l'ONU publié mardi. Ils se sont également servis de certains d'entre eux âgés d'à peine 8 ans comme boucliers humains au cours de leurs opérations contre les rebelles.

Dans cette publication, les Nations Unies dénoncent le Gouvernement syrien comme l'un des pires sur sa liste annuelle «de la honte» où figurent les protagonistes des pays en conflit où les enfants sont tués, torturés et forcés à combattre.

«J'ai rarement vu autant de brutalité contre les enfants qu'en Syrie, où les filles et les garçons sont emprisonnés, torturés, exécutés et utilisés comme boucliers humains», a déclaré Radhika Coomaraswamy, représentante spéciale de l'ONU pour les enfants dans les conflits armés, avant la sortie du rapport.

Rafle d'enfants

Le rapport sur «les enfants dans les conflits armés» cite à l'appui les circonstances d'une opération de quatre jours déclenchée le 9 mars par les forces loyalistes - armée, services de renseignement et milice Shabiha - contre le village d'Ayn l'Arouz (province d'Idlib). Les troupes gouvernementales ont attrapé des dizaines de garçons âgés de 8 à 13 ans avant d'attaquer le village, selon le rapport.

Ces enfants ont été ensuite «utilisés par des soldats et des miliciens comme boucliers humains, placés devant les vitres des autocars transportant les militaires pour pénétrer dans le village lors de l'assaut».

Parmi les 11 morts du premier jour de combats ont figuré trois garçons de 15 à 17 ans. Trente-quatre autres personnes, dont deux garçons de 14 et 16 ans et une fillette de 9 ans, ont été capturées.

«Le village fut finalement incendié et quatre des 34 prisonniers ont été abattus par balle et brûlés, notamment les deux garçons», précise le document de l'ONU.

Dix morts dans des bombardements

Dix civils ont été tués dans la chute d'obus de mortier sur le quartier d'Al-Jbeiblé dans la province de Deir Ezzor (est), a précisé l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) dans un communiqué. Dans la province d'Alep (nord), la localité de Hreitane est depuis tôt le matin la cible d'un violent bombardement des troupes du régime. Celles-ci cherchent à la prendre d'assaut après avoir perdu de nombreux soldats dans des combats avec des rebelles aux portes de la localité, a précisé l'ONG.

De nombreuses habitations ont été détruites dans le pilonnage et les habitants prennent la fuite, selon des militants.

Ban Ki-moon exige un accès à Haffé

La localité de Haffé, dans la province de Lattaquié (nord-ouest), était pour sa part assiégée par l'armée après l'envoi de renforts et un bombardement de sept jours qui a poussé les habitants à la fuite, selon l'OSDH. Les lignes téléphoniques étaient coupées jusque tard dans la nuit à Haffé.

Selon une militante sur place, «les chars de l'armée sont aux portes de la ville» désertée par la majorité de ses 30'000 habitants. «Il y reste les rebelles et certains civils armés qui les aident à défendre la ville».

Les Etats-Unis se sont dits inquiets lundi que le régime de Bachar al-Assad ne prépare un nouveau massacre à Haffé, et l'émissaire international Kofi Annan et le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon ont réclamé un accès de l'ONU à la localité.

Pas de trêve pour Homs

Dans la province d'Idleb (nord-ouest), des combats ont eu lieu entre soldats et rebelles près de la ville de Saraqeb, selon l'OSDH. Et dans la province de Homs (centre), l'armée bombardait le quartier de Khaldiyé où elle tente de pénétrer depuis plusieurs jours.

Selon l'OSDH, 111 personnes ont été tuées, dont 79 civils, lundi dans les violences qui se sont intensifiées ces derniers jours avec un nombre croissant de victimes.

Plus de 14'100 personnes ont péri depuis le début de la révolte déclenchée le 15 mars 2011 par des manifestations pacifiques mais qui s'est militarisée face à la répression, selon l'OSDH.

(ats)

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