Syrie: L'ONU dénonce l'impact du conflit
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SyrieL'ONU dénonce l'impact du conflit

Selon l'ONU, les hôpitaux et les écoles de Syrie souffrent du conflit dans le pays.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a souligné vendredi l'urgence d'empêcher que les établissements scolaires et médicaux soient utilisés ou pris pour cible par les belligérants en Syrie. Le Conseil de sécurité venait d'adopter une résolution rappelant l'importance de mieux protéger les enfants dans les guerres.

Au cours d'un débat au Conseil de sécurité sur le sort des enfants dans les conflits, M. Ban a souligné que 40% des hôpitaux publics syriens ne fonctionnaient plus. Il a également affirmé qu'une école sur cinq était endommagée ou occupée par des personnes chassées de chez elles par les combats.

«Plus de 2,2 millions d'enfants (syriens) ne sont plus scolarisés», a-t-il déclaré. «Dans de trop nombreuses zones de conflit dans le monde, écoles et hôpitaux ont été visés ou pris entre deux feux.»

«Des enfants continuent d'être tués»

La représentante spéciale nommée par l'ONU sur ce dossier, Leila Zerrougui, a souligné aussi devant le Conseil que «des enfants continuent d'être tués et mutilés sans relâche en Syrie», ou d'être recrutés par les belligérants. «Nous ne pouvons pas nous permettre une génération perdue en Syrie», a-t-elle affirmé.

Mme Zerrougui a aussi cité la guerre civile qui fait rage depuis décembre au Soudan du Sud et la crise en République centrafricaine parmi les conflits qui frappent particulièrement les enfants. Les services de Mme Zerrougui et l'Unicef (Fonds des Nations unies pour l'enfance) ont lancé jeudi une nouvelle campagne, intitulée «des enfants, pas des soldats», pour tenter de supprimer le recrutement d'enfants soldats par les armées nationales d'ici à fin 2016.

Résolution adoptée

Une liste noire de l'ONU recense huit pays où les forces gouvernementales continuent d'utiliser des enfants mais six d'entre eux (Afghanistan, Tchad, Soudan du Sud, Myanmar, Somalie, RDConco) ont déjà signé avec les Nations unies des plans d'action pour éliminer progressivement cette pratique. Les négociations continuent avec les deux autres (Soudan et Yémen).

«Il est temps de faire du recrutement d'enfants soldats un vestige du passé (...) Je suis convaincue pour ma part que c'est possible», a conclu Mme Zerrougui. Le Conseil de sécurité a adopté vendredi à l'unanimité une résolution de portée générale rappelant l'importance de mieux protéger les enfants dans les guerres et de poursuivre devant la justice internationale les responsables d'exactions à leur encontre.

Le document contient en particulier des engagements non contraignants pour limiter l'impact des conflits sur les établissements scolaires. Il invite les Etats membres à inclure des mécanismes de protection des enfants dans les missions de maintien de la paix de l'ONU et dans les accords de paix.

Dans son discours aux Nations unies, l'ambassadeur suisse Paul Seger a tenu à rappeler qu'il fallait «améliorer les efforts pour protéger les enfants du recrutement par des acteurs non étatiques». L'ONU dispose d'une liste avec plus de 50 noms de groupes enrôlant des enfants, dont 46 sont des acteurs armés non étatiques, a-t-il souligné, regrettant un manque d'engagement à cet égard.

Six morts à Yabroud

Dans le conflit en Syrie, après une série de six raids aériens dans la matinée près de Yabroud, des hélicoptères de l'armée syrienne ont largué vendredi des barils d'explosifs sur plusieurs quartiers de la ville. Ils ont ainsi tué cinq hommes et une femme dans ce bastion rebelle de la province de Damas, près de la frontière libanaise, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Jeudi, au moins 17 insurgés islamistes avaient été tués lors d'une offensive des forces loyalistes et du Hezbollah pour contrôler les collines environnantes, selon la même source. Ces combats, dans lesquels le mouvement armé chiite libanais du Hezbollah est largement impliqué, visent à bloquer toute infiltration rebelle vers le Liban, notamment la ville sunnite d'Aarsal.

Par ailleurs, un journaliste danois basé à Beyrouth et enlevé alors qu'il roulait vers la frontière syrienne a été libéré après presque un mois de détention, selon plusieurs médias danois. La nouvelle de l'enlèvement, qui a eu lieu le 7 ou le 8 février selon les sources, avait été gardée secrète. (ats)

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