17.06.2019 à 23:18

Crise des Rohingyas

L'ONU épinglée pour ses actions en Birmanie

Un rapport onusien dénonce les «défaillances systémiques» de l'ONU pour sa gestion de la crise en Birmanie entre 2010 et 2018.

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Des crimes de guerre ont bien été commis contre les Rohingyas mais pas de génocide, assure un rapport d'enquête birman lundi. (20 janvier 2020)

Des crimes de guerre ont bien été commis contre les Rohingyas mais pas de génocide, assure un rapport d'enquête birman lundi. (20 janvier 2020)

AFP
L'ancienne icône de la démocratie Aung San Suu Kyi comparait devant la Cour internationale de justice mardi pour défendre la Birmanie, accusée par d'autres pays de «génocide» contre les Rohingyas. (Mardi 10 décembre 2019)

L'ancienne icône de la démocratie Aung San Suu Kyi comparait devant la Cour internationale de justice mardi pour défendre la Birmanie, accusée par d'autres pays de «génocide» contre les Rohingyas. (Mardi 10 décembre 2019)

Keystone
Aung San Suu Kyi, à gauche, est accueillie par un représentant du Myanmar à son arrivée à l'aéroport de Rotterdam, aux Pays-Bas. (8 décembre 2019)

Aung San Suu Kyi, à gauche, est accueillie par un représentant du Myanmar à son arrivée à l'aéroport de Rotterdam, aux Pays-Bas. (8 décembre 2019)

AFP

L'ONU a connu des «défaillances systémiques» entre 2010 et 2018 dans sa gestion de la situation en Birmanie, selon un rapport onusien. La minorité musulmane Rohingya du pays a été contrainte à un exode massif à partir d'août 2017 vers le Bangladesh.

Cette enquête sur le fonctionnement interne de l'ONU avait été demandée en février par le secrétaire général Antonio Guterres à un diplomate du Guatemala, Gert Rosenthal. Ce dernier lui a remis lundi son rapport, devant être diffusé à l'ensemble des membres des Nations unies.

«Bien qu'il soit difficile d'attribuer la responsabilité de défaillances systémiques à une seule entité, et encore moins à des individus (...), il en existe clairement une des parties impliquées», indique Gert Rosenthal. Il leur reproche notamment «leur incapacité à accompagner» la politique gouvernementale «par des actions constructives» tout en dénonçant les «graves violations des droits humains».

L'ex-représentante de l'ONU en Birmanie, Renata Lok-Dessallien, avait été accusée fin 2017 d'avoir voulu privilégier dans son approche l'aide au développement économique de la Birmanie plutôt que la défense des droits humains. L'ONU avait rejeté ces accusations.

«Absence de stratégie»

Dans son rapport de 36 pages, le diplomate dénonce tour à tour une «dynamique de divisions plutôt que de cohésion au sein du système onusien», «l'absence d'une stratégie claire et unifiée» et «un manque d'analyses systématiques et unifiées venant du terrain».

Dans ses recommandations, Gert Rosenthal souligne qu'il est «crucial d'avoir des canaux de communication clairs, horizontalement et verticalement, de façon à ce que les décisions prises aux plus hauts niveaux soient relayées et comprises par tous les membres» de l'ONU impliqués dans un dossier.

Interrogé lundi sur le rapport, le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric, a indiqué que «le secrétaire général reprenait à son compte (ces) recommandations». Antonio Guterres «s'est engagé à les appliquer», a-t-il ajouté lors de son point-presse quotidien.

A partir d'août 2017, fuyant une répression meurtrière de l'armée birmane, quelque 740'000 Rohingyas ont trouvé refuge au Bangladesh voisin. Divisé, le Conseil de sécurité des Nations unies s'était alors montré dans l'incapacité d'obtenir rapidement un arrêt de la répression assimilée par la suite par des enquêteurs de l'ONU à un «génocide». (nxp/ats)

(NewsXpress)
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