Proche-Orient: L'ONU et le CICR montent au créneau
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Proche-OrientL'ONU et le CICR montent au créneau

L'agence de l'ONU pour l'aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA) a décidé jeudi de suspendre toutes ses activités dans la bande de Gaza.

L'armée israélienne, mise en cause par le CICR, a poursuivi jeudi son offensive dans la bande de Gaza, progressant dans le sud du territoire. Une salve de roquettes tirées du Liban sur le nord d'Israël fait craindre l'ouverture d'un second front.

Selon des habitants cités par Reuters, d'intenses bombardements, parmi les plus sévères depuis le début de l'opération israélienne, ont visé l'est de la ville de Gaza durant la nuit de mercredi à jeudi. Les chars de Tsahal ont continué à progresser dans le sud du territoire, en direction de Khan Younès.

Des sources médicales palestiniennes ont indiqué que sept civils et trois combattants du Jihad islamique avaient été tués. Deux enfants ont péri dans une frappe aérienne à Abassane, dans le sud de la bande de Gaza.

Plus de 760 morts

Comme la veille, l'armée israélienne a temporairement suspendu ses opérations pour que la population gazaouie puisse se procurer vivres et médicaments. Mais le premier ministre Ehud Olmert a souligné que l'objectif, faire en sorte que «le calme règne» dans le sud israélien, n'avait pas encore été atteint.

Au 13e jour de l'offensive israélienne, le bilan des morts est monté en flèche. Selon les services d'urgences dans la bande de Gaza, 763 personnes ont été tuées depuis le 27 décembre. Selon l'ONG Terre des hommes, au moins 200 enfants figurent dans ce nombre.

Plus de 3200 personnes ont par ailleurs été blessées, indiquent les services de secours palestiniens.

L'armée israélienne a de son côté annoncé que trois soldats avaient été tués jeudi par des tirs de combattants palestiniens. Ces décès portent à onze le nombre de militaires israéliens tués depuis le début de l'offensive.

L'ONU suspend ses activités

L'agence de l'ONU pour l'aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA) a décidé jeudi de suspendre toutes ses activités dans la bande de Gaza. Des obus de l'armée israélienne ont touché l'un de ses convois, faisant un mort.

«Nous maintiendrons cette suspension tant que les autorités israéliennes ne garantiront pas la sécurité de nos équipes», a déclaré un porte-parole de l'agence de l'ONU qui distribue de la nourriture à 750'000 personnes.

Camion du CICR touché

Un camion du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a également été touché par plusieurs balles tirées par l'armée israélienne jeudi après-midi. Le chauffeur palestinien a été légèrement blessé.

Le camion, qui arborait l'emblème du CICR, faisait partie d'un convoi entre Gaza-ville et Rafah (sud de la bande de Gaza). Ce convoi avait obtenu le feu vert de l'armée, a indiqué dans la soirée un porte-parole du CICR.

Plus tôt dans la journée, le CICR est monté au créneau. L'organisation a dénoncé les violations du droit international humanitaire (DIH) par les forces militaires israéliennes.

«Le droit international humanitaire stipule que les parties au conflit doivent aider les blessés et les personnes malades. Les membres des forces israéliennes sur le terrain n'ont pas rempli leurs obligations», a déclaré le directeur adjoint des opérations du CICR, Dominik Stillhart.

Le président de l'organisation, Jakob Kellenberger, a exigé «un accès sûr et illimité aux blessés». Une suspension de trois heures des hostilités est «largement» insuffisante, a-t-il déclaré.

Jeudi soir, le département d'Etat américain a appelé Israël à prolonger les horaires d'accès de l'aide d'urgence dans la bande de Gaza. Il a dénoncé une situation humanitaire «terrible» dans le territoire palestinien assiégé.

Plan égyptien discuté

Sur le plan diplomatique, peu de progrès. Washington presse son allié Israël d'étudier le plan de cessez-le-feu exposé par l'Egypte avec l'appui des Européens. De source autorisée, on indique qu'un émissaire israélien a été dépêché au Caire.

Des tirs de roquettes jeudi à partir du Liban sur le nord d'Israël ont fait planer le risque d'une escalade à la frontière nord. Le Hezbollah -contre qui Israël avait combattu entre juillet et août 2006 - a toutefois nié toute implication.

(ats)

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