Haïti: L'ONU prévoit jusqu'à 200'000 cas de choléra
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HaïtiL'ONU prévoit jusqu'à 200'000 cas de choléra

L'ONU prévoit que le choléra va continuer de se propager en Haïti.

Jusqu'à 200'000 personnes pourraient montrer des symptômes de la maladie au cours des prochains mois, a indiqué vendredi le Bureau des Affaires humanitaires de l'ONU (OCHA).

Afin de renforcer les efforts de prévention et de traitement en Haïti, l'ONU et quelque 42 ONG ont lancé un appel de 164 millions de dollars. «Il nous faut absolument cet argent au plus vite», a déclaré la porte-parole d'OCHA Elisabeth Byrs.

Le dernier bilan fait état de 724 morts avec 11'125 cas. Dix morts ont été confirmés dans la capitale Port-au-Prince ainsi que 278 hospitalisations.

Les spécialistes s'attendent à ce que de nouveaux cas apparaissent dans différentes parties du pays. L'épidémie va continuer à se développer et la communauté internationale devra se mobiliser pendant au moins six mois, ont indiqué les Nations Unies.

«L'ONU a réagi rapidement dès que les premiers cas ont été connus et cela a permis d'éviter des morts. Mais l'aide doit maintenant monter en puissance pour éviter que nous soyons dépassés par l'ampleur de cette épidémie», a affirmé Mme Byrs lors d'un point de presse.

Hôpitaux submergés

«La situation est vraiment très préoccupante en ce moment. Tous les hôpitaux de Port-au-Prince sont submergés de patients et nous constatons sept fois plus de cas qu'il y a trois jours», a déclaré Stefano Zannini, chef de la délégation de Médecins sans frontières (MSF) en Haïti.

Les malades affluent de partout. «Si le nombre de cas continue d'augmenter à la même vitesse, nous allons devoir adopter des mesures radicales. Il faudra traiter les malades dans les espaces publics et même dans la rue», a ajouté le représentant de MSF.

L'ONG dispose de cent expatriés et 400 employés locaux sur place. Ce n'est pas suffisant et le personnel est débordé, a-t-elle indiqué. Elle va encore augmenter ses effectifs.

Le taux de mortalité est stable, mais reste beaucoup trop haut, a précisé le porte-parole de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Gregory Hartl. «Il s'agit d'une épidémie de grande ampleur qui malheureusement va s'étendre», a-t-il affirmé.

Mauvaises infrastructures

Il a mis en cause l'absence de préparation de la population au choléra, qui était inconnu sur l'île depuis au moins un siècle jusqu'au mois d'octobre, mais également les mauvaises infrastructures sanitaires et des services publics insuffisants, encore affaiblis par le séisme du 12 janvier.

«Une fois la bactérie dans le système d'approvisionnement en eau, elle se transmet très facilement», a averti Gregory Hartl.

L'estimation de 200'000 personnes avec des symptômes de choléra allant de la diarrhée à une déshydratation sévère est basée sur les expériences faites dans d'autres pays, les calculs de l'OMS et des Centres de surveillance des maladies des Etats-Unis (CDC).

L'appel de 164 millions de dollars comprend notamment 89 millions pour l'eau et l'hygiène, 43 millions pour la santé et 19 millions pour la gestion des camps.

Conditions idéales

«L'épidémie a pris pied à Port-au-Prince où la majorité des 1,3 million de déplacés vivent dans 1300 campements provisoires différents. Les effets de l'ouragan Tomas, des pluies et des inondations ont aggravé la situation», a affirmé pour sa part le porte-parole de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), Jared Bloch.

«Beaucoup de villages et de zones urbaines ont été inondées, ce qui crée des conditions idéales pour la propagation de la maladie», a-t-il expliqué.

(ats)

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