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Conseil des droits de l'hommeL'ONU suspend la Libye

L'Assemblée générale de l'ONU a décidé à l'unanimité mardi soir de suspendre la Libye du Conseil des droits de l'homme en raison de la répression violente menée par Mouammar Kadhafi.

Une intervention militaire n'est pas encore à l'agenda de l'OTAN dans le cadre des heurts en Libye, alors que le Sénat US a adopté dans la nuit l'idée d'une zone d'exclusion aérienne.

L'Assemblée générale de l'ONU, composée de 192 membres, a décidé la suspension par consensus, sans voter, après que le secrétaire général Ban Ki-moon eut demandé une «mesure décisive» contre le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi.

Mais celui-ci ne semble pas prendre la mesure de l'opposition qui s'est formée contre lui ces dernières semaines, tant dans la communauté internationale que parmi la population. Au 15e jour d'un soulèvement sans précédent, le colonel Kadhafi et ses forces ne contrôlent plus guère que Tripoli, ville d'1,5 million d'habitants sur les quelque six millions que compte le pays.

Sur le terrain, le leader libyen a redéployé ses forces à la frontière ouest du pays, ce qui fait craindre de nouvelles violences.

Douze heures après l'annonce par le Pentagone du déploiement de forces américaines près de la Libye, l'armée libyenne a refait son apparition au poste-frontière de Wasen (Dahiba côté tunisien). Les Etats-Unis en tête ont évoqué mardi soir divers moyens de pression pour faire plier Kadhafi.

Principe adopté

Le Sénat américain a ainsi adopté mardi soir une résolution symbolique condamnant la répression en Libye. Il a demandé à la communauté internationale d'envisager l'instauration d'une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye.

Washington demande au «Conseil de sécurité des Nations unies de prendre les nouvelles mesures nécessaires pour protéger les civils en Libye (...) comme la possible instauration d'une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye».

Une zone d'exclusion aérienne serait «extraordinairement compliquée», avait toutefois noté mardi le plus haut gradé américain Mike Mullen. Le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, avait pour sa part déclaré qu'»il n'y a pas de consensus au sein de l'Otan pour le recours à la force».

«Une démonstration de force, même si c'est juste un survol par des avions de guerre, montre que nous sommes vigilants et je pense qu'il faut montrer que nous sommes vigilants», avait en revanche affirmé la sénatrice démocrate Dianne Feinstein, qui dirige la commission du Renseignement, soulignant l'intérêt d'adresser une mise en garde au colonel Kadhafi.

Un navire US proche de la Libye

Un navire de guerre américain se rapprochait mardi de la Libye. L'USS Kearsarge, un porte-hélicoptères transport de chalands de débarquement, et les deux vaisseaux qui l'accompagnent s'apprêtaient mardi à emprunter le canal de Suez en provenance de la mer Rouge. Une fois en Méditerranée, le navire peut parvenir rapidement au large de la région de Tripoli.

Le groupe d'opérations amphibies du navire, avec quelque 800 Marines, une flotte d'hélicoptères et des installations médicales, peut assurer un soutien à des opérations humanitaires aussi bien que militaires.

Mais les Etats-Unis entendent également frapper le régime à d'autres niveaux. «Nous allons faire pression sur lui économiquement conjointement avec le reste de la communauté économique. Nous allons faire pression sur lui militairement», a assuré l'ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU, Susan Rice.

L'Union européenne, elle, a décidé de convoquer un sommet extraordinaire de ses dirigeants le 11 mars pour définir une réponse commune aux bouleversements en Libye et en Afrique du Nord. Elle se concentrera sur l'aide aux pays concernés et la préparation à un éventuel afflux de réfugiés.

Face à la pression croissante, M. Kadhafi, au pouvoir depuis plus de 40 ans, est resté inflexible. «Mon peuple m'adore. Ils mourraient pour me protéger», a-t-il affirmé lundi soir dans un entretien avec la chaîne de télévision ABC.

Des déclarations qualifiées de «délirantes» par l'ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU Susan Rice. De son côté, la Russie a estimé que Kadhafi était «politiquement mort» et devait partir, selon une source au Kremlin. (ats)

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