Actualisé 12.03.2007 à 13:25

L'opérateur suisse a souvent échoué à l'étranger

Swisscom a déjà tenté à plusieurs reprises de prendre pied à l'étranger.

L'opérateur a réussi avec Antenna Hungaria, mais nombre d'autres participations se sont soldées par des pertes, et le Conseil fédéral a mis son veto au rachat de l'irlandais Eircom.

Le potentiel de croissance étant limité en Suisse, Swisscom est à la recherche d'acquisitions étrangères depuis la libéralisation du marché des télécommunications, à la fin des années 1990.

Entre 1993 et 1997, l'entreprise, alors Telecom PTT, a investi quelque 2 milliards de francs dans des sociétés en Hongrie, en Inde, en Malaisie et en Allemagne (Tesion), ainsi que dans la multinationale Unisource. Les trois premières ont occasionné des pertes, si bien que Swisscom s'en est retirée en 1999. Elle en a fait autant avec Tesion, tandis qu'Unisource a été dissoute.

De 1999 à 2004, Swisscom a détenu une participation majoritaire chez l'opérateur allemand debitel. Elle l'a revendue à Telco Holding, Luxembourg, en perdant 3,3 milliards de francs.

De 1989 à 2004, Swisscom a détenu une participation de 17,7% à Infonet (USA), société qui offre aux multinationales des solutions globales de communication. En 2004, elle l'a revendue à British Telecom.

Ces participations étrangères, souvent synonymes de pertes, ont été analysées à plusieurs reprises. La gestion de Swisscom a été jugée correcte.

Echecs et succès en Europe centrale

En 2004/05, les tentatives de reprise de Cesky Telecom et Telekom Austria ont échoué. Pour la première, l'opérateur espagnol Telefonica a emporté la mise, alors que l'autre a été bloquée par la résistance politique et syndicale en Autriche.

En revanche, Swiscom est parvenue à acquérir le radiodiffuseur hongrois Antenna Hungaria en 2005/06. Elle s'est imposée face aux concurrents Macquarie (Australie) et ORF (Autriche).

Le Conseil fédéral intervient

En novembre 2005, le Conseil fédéral a interdit à Swisscom le rachat de la société irlandaise Eircom. Il a estimé son prix trop élevé et les risques trop grands pour la Confédération, actionnaire majoritaire de Swisscom. Cela a déclenché un vaste débat sur la privatisation de l'opérateur.

En décembre 2005, le gouvernement a fixé de nouveaux objectifs stratégiques à Swisscom. Ils lui permettent d'acquérir à l'étranger des opérateurs sans mandat de service universel s'ils renforcent l'activité principale de l'entreprise en Suisse ou obéissent à une autre stratégie industrielle. Cette réorientation a conduit un mois plus tard au départ du patron de Swisscom Jens Adler.

(ats)

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