France: L'opération de com' de Hollande vire au fiasco
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FranceL'opération de com' de Hollande vire au fiasco

En visite en Lorraine, le président français s'était «invité» chez une habitante pour y prendre un café. Mais la retraitée a expliqué que tout avait été préparé.

par
joc

Ce devait être une opération joliment menée, elle est en train de virer au fiasco total. Depuis ce week-end, les médias français font leurs choux gras du gros raté du service de communication de François Hollande. On peut presque parler d'une «affaire Lucette». Jeudi dernier, le président français battait campagne en Lorraine en vue des élections régionales. A cette occasion, le président français avait été chaleureusement accueilli par les habitants et avait profité de cette ambiance sympathique pour s'inviter chez Lucette Brochet, une septuagénaire établie dans le coin.

S'en était suivie une entrevue guillerette autour d'un café, immortalisée par le cabinet du chef de l'Etat. «Merci de m'avoir reçu. Ici, on est presque mieux qu'à l'Elysée, je peux vous le dire», avait plaisanté Hollande, pensant avoir réalisé une belle opération de communication. Le problème, c'est que la septuagénaire a mis les pieds dans le plat en faisant quelques confidences à BFMTV. Elle a expliqué que cette rencontre prétendument improvisée avait en fait été minutieusement préparée par l'Elysée.

Du café aux fleurs posées sur la table, en passant par les questions posées par la retraitée, tout avait été scénarisé. «J'avais envie de lui dire qu'il s'occupe beaucoup d'immigrés mais pour ainsi dire pas des clochards qui crèvent dans la rue. Mais ça, il ne fallait pas que je le dise», a confié Lucette Brochet. Comme l'on pouvait s'y attendre, les adversaires de François Hollande se sont jetés sur les déclarations de la septuagénaire pour montrer du doigt une «mise en scène indigne». Les internautes leur ont emboîté le pas sous le hasthag #Lucette.

«Sans doute il y a eu un souci de bien faire et de trop bien faire», a admis la ministre de la Justice, Christiane Taubira. Stéphane Hablot, le maire PS de Vandoeuvre-lès-Nancy, a pour sa part nié toute mise en scène dans «L'Express»: «Le président de la République devait rester chez elle un quart d'heure. Je lui ai donc conseillé de rester dans les clous au niveau du temps, de ne pas parler d'autre chose que du logement», a-t-il expliqué.

Rappelons tout de même que ce genre de mises en scène politiques ne date pas d'hier. Comme le rappelle le Huffington Post, cette méthode remonte à l'époque de Valéry Giscard d'Estaing, qui s'invitait chez des gens pour refaire le monde. Un procédé repris par François Mitterrand et fréquemment utilisé depuis par les politiciens. Avec plus ou moins de réussite.

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