Actualisé 06.06.2018 à 09:57

BahreïnL'opposant restera bien en prison pour ses «tweets»

Nabil Rajab est condamné en appel à 5 ans de prison pour des tweets dénonçant la guerre au Yémen sur le réseau social Twitter.

L'opposant restera en prison. Il a été condamné en appel à cinq ans de prison.

L'opposant restera en prison. Il a été condamné en appel à cinq ans de prison.

AFP

Une cour d'appel bahreïnie a confirmé mardi la condamnation à cinq ans de prison prononcée contre le célèbre opposant Nabil Rajab pour des tweets dénonçant la guerre au Yémen et des cas présumés de torture à Bahreïn, a indiqué un groupe d'opposants. Un membre de sa famille a confirmé cette information.

La condamnation prononcée en appel mardi était liée à des tweets critiquant l'intervention militaire au Yémen de l'Arabie saoudite et de ses alliés, dont Bahreïn, qui a fait de nombreuses victimes civiles. Nabil Rajab était accusé d'avoir «insulté un pays voisin» (l'Arabie saoudite). Il avait été condamné en première instance en février.

L'opposant, qui a souffert en prison de problèmes de santé, était également accusé d'avoir retweeté des critiques sur des cas présumés de torture dans la prison de Jaw, à Bahreïn, et d'avoir ainsi «insulté» le ministère de l'Intérieur.

Nabil Rajab avait déjà été condamné en juillet 2017 à deux ans de prison dans une autre affaire pour «propagation de rumeurs et de fausses nouvelles» lors d'interviews télévisées critiquant le pouvoir à Bahreïn.

De nombreuses organisations de défense des droits de l'Homme, dont Amnesty International, Human Rights Watch et la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH), se sont fortement mobilisées pour obtenir la libération de Nabil Rajab.

«Il est absolument scandaleux qu'il doive passer un jour de plus derrière les barreaux, simplement pour avoir exprimé son opinion en ligne», a déclaré Amnesty après le verdict de mardi.

Cette condamnation en appel «est à interpréter comme un aveu supplémentaire des autorités bahreïnies sur la place qu'elles assignent à Nabil Rajab: celle d'un prisonnier politique, soumis à des traitements dégradants, et qu'elles cherchent à faire taire à tout prix», a dit Dimitris Christopoulos, président de la FIDH.

M. Rajab est lui-même secrétaire général adjoint de la FIDH.

Un groupe d'opposants bahreïnis, le Bahrain Institute for Rights and Democracy (BIRD), a aussi condamné le verdict de mardi.

«Il est clair que la voix de la vérité est redoutée par les dirigeants répressifs de Bahreïn. Nabil Rajab ne faisait qu'exercer son droit à la liberté d'expression et a été bâillonné du fait de cette crainte», a dit Sayed Alwadaei, un directeur de BIRD, dans un communiqué.

Le petit royaume de Bahreïn, siège de la Ve Flotte des Etats-Unis, est secoué par des troubles sporadiques depuis la répression en 2011 de grandes manifestations de la majorité chiite réclamant des réformes à la dynastie sunnite au pouvoir afin d'être mieux représentée politiquement.

Nabil Rajab avait été l'une des figures de cette contestation s'inscrivant dans les Printemps arabes.

Depuis, des mouvements d'opposition ont été dissous et des dizaines de dissidents emprisonnés et/ou déchus de leur nationalité.

Les autorités à Bahreïn se défendent en niant toute discrimination envers les chiites et affirment faire face à des groupes violents aidés par l'Iran, ce que Téhéran dément. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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