Corruption: L'opposant russe Alexeï Navalny critique la Suisse
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CorruptionL'opposant russe Alexeï Navalny critique la Suisse

Navalny juge sévèrement les actions de la Confédération à l'encontre des fortunes russes s'établissant dans le pays.

Alexeï Navalny réagissait suite au classement par le Ministère public de la Confédération d'une plainte déposée en décembre 2015.

Alexeï Navalny réagissait suite au classement par le Ministère public de la Confédération d'une plainte déposée en décembre 2015.

photo: Keystone/Archives

L'opposant russe Alexeï Navalny dénonce la passivité des autorités suisses face à l'argent sale déposé selon lui par de riches Russes. La Confédération est une «adresse de premier choix pour les Russes corrompus», accuse-t-il.

La Fondation anti-corruption (ACF) d'Alexeï Navalny avait déposé en décembre une plainte accusant notamment le fils du procureur général russe Youri Chaika, résident en Suisse, de blanchiment. Le Ministère public de la Confédération (MPC) a confirmé samedi avoir classé cette plainte faute de preuves.

Collaboration «unilatérale»

Dans une interview accordée au site swissinfo avant l'annonce de la décision du MPC et publiée mercredi, l'opposant russe accuse les autorités suisses d'être «plutôt bienveillantes à l'égard de Youri Chaika, le Ministère public de la Confédération compris». Il critique la collaboration «très unilatérale» des services du procureur de la Confédération Michael Lauber.

Alors que l'ACF avait envoyé à Berne une «présentation très détaillée d'un peu tout ce qu'Artem Chaïka trafique ici», le MPC «ne juge pas nécessaire de partager ces informations avec nous, ce que, honnêtement dit, je trouve tout simplement choquant», déplore-t-il.

Immenses intérêts

Pour l'opposant, la facilité avec laquelle les autorités suisses accordent des autorisations de séjour aux riches Russes n'est pas liée à une quelconque «naïveté» de leur part. «Il ne faut pas sous-estimer les intérêts que peut susciter l'argent sale», accuse-t-il.

«Une gigantesque infrastructure s'est mise en place dans ce domaine, impliquant non seulement des employés de banque normaux, mais aussi des fonctionnaires d'un certain niveau. Il suffit d'aller voir dans le quartier des banques de Genève», conclut-il. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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