Arménie: L'opposant va rencontrer le Premier ministre
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ArménieL'opposant va rencontrer le Premier ministre

Le chef de la contestation arménienne a annoncé qu'il allait rencontrer dimanche le Premier ministre Serge Sarkissian.

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Selon des résultats portant sur 88% des circonscriptions et annoncés lundi par la commission électorale centrale, la coalition menée par le parti Contrat Civil de Nikol Pachinian obtenait 70,49% des votes. (Lundi 10 décembre 2018)

Selon des résultats portant sur 88% des circonscriptions et annoncés lundi par la commission électorale centrale, la coalition menée par le parti Contrat Civil de Nikol Pachinian obtenait 70,49% des votes. (Lundi 10 décembre 2018)

AFP
Selon un premier décompte portant sur 25% des bureaux de vote, le bloc dirigé par le Parti Contrat Civil de Nikol Pachinian a obtenu 70,25% des votes. (Dimanche 9 décembre 2018)

Selon un premier décompte portant sur 25% des bureaux de vote, le bloc dirigé par le Parti Contrat Civil de Nikol Pachinian a obtenu 70,25% des votes. (Dimanche 9 décembre 2018)

AFP
«Après les élections, nous développerons la démocratie en Arménie et ferons une révolution économique», a déclaré Nikol Pachinian aux journalistes après avoir glissé son bulletin dans l'urne à Erevan. (9 décembre 2018)

«Après les élections, nous développerons la démocratie en Arménie et ferons une révolution économique», a déclaré Nikol Pachinian aux journalistes après avoir glissé son bulletin dans l'urne à Erevan. (9 décembre 2018)

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Le chef de l'opposition arménienne Nikol Pachinian a annoncé samedi soir qu'il allait rencontrer dimanche le Premier ministre Serge Sarkissian, alors que la contestation antigouvernementale se poursuivait pour le neuvième jour dans ce petit pays du Caucase.

«Je vais rencontrer Serge Sarkissian pour discuter des conditions de sa démission et de la passation pacifique du pouvoir», a affirmé M. Pachinian, dans un message vidéo publié sur sa page Facebook, en précisant que la rencontre aura lieu dimanche à 10H00 locales (06H00 GMT) dans le luxueux hôtel Marriott, en plein centre de la capitale Erevan. Aucun commentaire n'a toutefois pu être obtenu par l'AFP dans l'immédiat auprès du service de presse du Premier ministre.

M. Pachinian s'est déjà entretenu samedi avec le nouveau président arménien, Armen Sarkissian, sans lien de parenté avec prédécesseur et qui avait prêté serment la semaine dernière.

Il serre la main du président

Accompagné de ses gardes du corps, le président arménien s'est rendu dans la soirée sur la place de la République où des dizaines de milliers de manifestants protestaient contre Serge Sarkissian à l'appel de M. Pachinian, député et leader de l'opposition.

Le président, qui est venu sur le lieu de la contestation à la demande de M. Pachinian, a serré la main de l'opposant, avant d'avoir une discussion avec lui qui a duré une dizaine de minutes, selon une journaliste de l'AFP.

Nikol Pachinian a ensuite affirmé devant les protestataires, réunis sur la place de la République, qu'il avait accepté de négocier avec les autorités, lors de cet échange avec le président. Il a toutefois précisé avoir insisté que les négociations doivent porter uniquement sur le départ de Serge Sarkissian et avoir lieu sur un «terrain neutre».

M. Pachinian a déjà rejeté plus tôt dans la journée un appel de Serge Sarkissian à un «dialogue politique», en assurant qu'il était prêt à discuter «seulement pour parler des conditions du départ» de son adversaire.

«Serge Sarkissian n'arrive pas à évaluer réellement cette nouvelle situation qui s'est créée ces derniers jours (...). L'Arménie et Erevan qu'il connaît, n'existent plus», a assuré M. Pachinian samedi soir devant les manifestants.

Pour sa part, le nouveau président arménien Armen Sarkissian, a appelé, dans un communiqué, «tout le monde à s'arrêter et à réfléchir à quelles conséquences cette confrontation peut aboutir».

«Serge, va-t'en!»

La mobilisation contre Serge Sarkissian se poursuit pour le 9e jour consécutif, les manifestants réunis sur la place de la République dans la soirée scandant «Serge, va-t'en!», «Nous sommes les maîtres dans notre pays!».

Dans la journée, les protestataires brandissant des drapeaux arméniens bloquaient des rues à Erevan, en perturbant fortement le trafic dans la ville. La police a annoncé avoir procédé à 84 interpellations samedi à la suite de ces protestations.

Quelque 30'000 personnes, selon des journalistes sur place, avaient manifesté vendredi à Erevan où la police a procédé à plus de 230 interpellations.

Le député Nikol Pachinian, 42 ans, qui mène la contestation, est un ancien journaliste et un opposant de longue date qui a brièvement été en prison après avoir déjà pris part à des mouvements de protestation contre Serge Sarkissian en 2008 qui avaient fait 10 morts. Les protestataires accusent Serge Sarkissian, qui vient d'achever son deuxième mandat présidentiel, de s'accrocher au pouvoir en se faisant élire Premier ministre par les députés.

Réforme controversée

Alors que la Constitution interdit au président d'effectuer plus de deux mandats, M. Sarkissian avait fait voter en 2015 une réforme controversée donnant l'essentiel des pouvoirs au Premier ministre.

Au-delà des manoeuvres de Serge Sarkissian pour rester au pouvoir après plus d'une décennie au poste de président, les manifestants reprochent à cet ancien militaire de 63 ans de n'avoir pas su faire reculer la pauvreté et la corruption, alors que les oligarques ont toujours la haute main sur l'économie du pays.

Jusqu'à présent, la manifestation la plus importante a eu lieu mardi dernier, avec quelque 40'000 personnes à Erevan. Il s'agissait du plus grand rassemblement de l'opposition de ces dernières années dans ce petit pays du Caucase. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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