Actualisé 15.10.2012 à 05:57

Législatives en Lituanie

L'opposition de gauche en tête du premier tour

Le parti populiste du Travail de Victor Uspaskich obtient 25,45% des suffrages. Ainsi les Lituaniens ont sanctionné le gouvernement conservateur.

Victor Uspaskich (parti populiste du Travail) obtient 25,45% des suffrages au 1er tour, le second tour étant prévu le 28 octobre.

Victor Uspaskich (parti populiste du Travail) obtient 25,45% des suffrages au 1er tour, le second tour étant prévu le 28 octobre.

L'opposition de gauche arrive en tête au premier tour des élections législatives en Lituanie. Le parti populiste du Travail de Victor Uspaskich obtient 25,45% des suffrages, le parti social-démocrate d'Algirdas Butkevicius (19,6%) et le parti conservateur du Premier ministre sortant Andrius Kubilius (10,9%).

Lassés par quatre ans d'austérité, les Lituaniens ont donc sanctionné le gouvernement conservateur. L'opposition de gauche arrive en tête après dépouillement des bulletins dans près de la moitié des 2017 circonscriptions, a annoncé la Commission électorale nationale. Le résultat ne devrait guère changer, le second tour ne concernant qu'une petite partie des députés.

Le parti populiste de droite Ordre et Justice (opposition), allié potentiel des deux partis de gauche, obtient 9,35%. Il est suivi de l'Union des paysans et des verts (6,48%), du parti de la minorité polonaise (6,16%).

Un nouveau parti anti-pédophile, la Voie du courage, a obtenu 5,33% et le Mouvement libéral allié des conservateurs au pouvoir 4,89%, inférieur au seuil d'éligibilité de 5%. Le second tour est prévu le 28 octobre. Lors des élections précédentes, il n'a jamais modifié sensiblement les résultats du premier.

«Victoire morale»

Les électeurs choisissent 141 députés parmi 1927 candidats sur les listes de dix-huit partis. Ce sont 70 parlementaires désignés au scrutin proportionnel sur les listes des partis et 71 par scrutin uninominal direct à deux tours, dans les circonscriptions où aucun candidat n'aura franchi le seuil de 50% des voix en sa faveur.

Le premier ministre sortant, qui pâtit de sa politique d'austérité bien qu'elle ait permis à la Lituanie de sortir d'une profonde crise économique, a estimé à la radio lituanienne qu'il s'agissait d'un «résultat très fort et d'une sorte de victoire morale».

Le chef du parti social-démocrate Algirdas Butkevicius semblait déçu de ces premiers résultats. «Il est difficile de dire si les deux partis (social-démocrate et travailliste) seront capables de former une solide majorité pour gouverner. Nous avons besoin d'une solide majorité, faute de quoi pendant la crise, notre action risque d'être de courte durée», a-t-il estimé.

Chômage en baisse

En 2009, en pleine crise mondiale, l'économie lituanienne s'était contractée de 14,8%. Des mesures d'austérité draconiennes du cabinet Kubilius ont permis à la Lituanie de renouer avec la croissance en 2010. Son PIB devrait augmenter de 2,5% en 2012 et le chômage est en baisse depuis le début de l'année.

La gauche a promis entre autres la hausse du salaire minimum à 1509 litas (525 francs), un impôt progressif sur le revenu et une remise à plat des relations avec la Russie. Celles-ci sont minées par des exigences de réparation pour les 50 années d'occupation soviétique et une action en justice contre Gazprom qui fait payer trop cher, selon Vilnius, son gaz fourni à la Lituanie. (ats)

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