Kosovo: L'opposition lance du gaz lacrymogène au Parlement
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KosovoL'opposition lance du gaz lacrymogène au Parlement

Pour obtenir l'abandon d'accords visant à la normalisation avec la Serbie, des députés de l'opposition ont lancé du gaz lacrymogène dans l'hémicycle.

L'opposition kosovare a encore perturbé mardi les travaux du parlement en lançant du gaz lacrymogène pour obtenir l'abandon d'accords visant à la normalisation avec la Serbie, pendant qu'à l'extérieur des heurts ont eu lieu entre ses sympathisants et la police.

Des députés de l'opposition, ignorant un appel du président du parlement Kadri Veseli à laisser travailler l'assemblée, ont lancé du gaz lacrymogène dans l'hémicycle, tandis qu'un des leaders de l'opposition Albin Kurti a tenté d'asperger des ministres et députés de la coalition avec du gaz poivre, a constaté un journaliste de l'AFP.

Un acte criminel

M. Veseli a alors demandé une pause et les députés de la coalition au pouvoir ont quitté l'hémicycle pour se réunir dans une autre salle du parlement. Ils poursuivaient la réunion sans les députés de l'opposition.

Le premier ministre kosovar Isa Mustafa s'adressant aux députés a condamné un «acte criminel commis par des individus contre lesquels des mesures devraient être prises et qui devraient répondre de leurs actes devant la loi».

«Nous ne permettrons pas à une minorité de trente députés de faire obstacle au travail de la majorité parlementaire. Cela ne peut être toléré, ce parlement va travailler nous le garantissons», a-t-il déclaré.

Les policiers anti-émeutes

A l'extérieur, des policiers anti-émeutes ont lancé du gaz lacrymogène contre une centaine de manifestants du mouvement Vetëvendosje, principale formation de l'opposition à l'origine de l'interruption des travaux parlementaires, qui jetaient des pierres en direction du bâtiment et de la police.

Les policiers ont établi un périmètre de sécurité autour du bâtiment qui abrite le parlement kosovar mais aussi le cabinet de la présidente du Kosovo Atifete Jahjaga.

Mme Jahjaga devrait y recevoir peu après midi (11H00 GMT) mardi le roi de Jordanie Abdallah II en visite officielle au Kosovo.

Compromettre l'indépendance proclamée en 2008

L'opposition a déjà plusieurs fois perturbé le déroulement des séances parlementaires en lançant du gaz lacrymogène, jetant des oeufs sur les orateurs et sifflant pour empêcher la tenue de sessions.

Elle entend bloquer son fonctionnement jusqu'à l'abandon de l'accord conclu en 2013 sous parrainage de l'Union européenne visant à la normalisation des relations entre la Serbie et le Kosovo, ancien territoire serbe majoritairement peuplé d'Albanais qui a proclamé unilatéralement son indépendance en 2008.

Le parti Vetëvendosje affirme que le dialogue avec Belgrade ne peut que compromettre l'indépendance proclamée en 2008.

La Serbie, qui n'a pas reconnu l'indépendance du Kosovo, le considère toujours comme l'une de ses provinces.

L'opposition estime que cet accord pourrait approfondir les divisions ethniques à l'intérieur du pays et renforcerait l'influence de Belgrade au Kosovo.

Elle exige également l'abandon d'un accord conclu en août avec le Monténégro voisin sur la démarcation de la frontière, qu'elle juge défavorable au Kosovo.

ih-mat/cn/ros (nxp/afp)

(NewsXpress)

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