L'opposition mobilise à coups de casseroles
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L'opposition mobilise à coups de casseroles

Casseroles vides à la main, des milliers d'opposants ont manifesté samedi dans les rues de Caracas et de plusieurs villes du Venezuela.

Ils se mobilisent contre les pénuries dans un pays secoué depuis un mois par des tensions ayant fait 20 morts.

«Il n'y en a pas, il n'y en a pas, il n'y en a pas», pouvait-on lire sur une pancarte brandie dans le cortège de la capitale, constitué majoritairement de femmes, en allusion aux pénuries chroniques dans ce riche pays pétrolier.

Ces «cacerolazos» (tradition sud-américaine consistant à signifier son mécontentement en tapant sur des casseroles) ont été convoqués par la principale figure de l'opposition, le gouverneur Henrique Capriles, battu d'à peine 1,5 point par l'actuel président Nicolas Maduro à la présidentielle d'avril 2013.

M. Capriles a parcouru environ 500 mètres au milieu de ses partisans enthousiastes, placés sous très haute surveillance policière et militaire. «Nous marchons contre les pénuries provoquées par ce gouvernement», a déclaré à l'AFP celui qui avait réussi a réunir plusieurs dizaines de milliers de personnes dans les rues de Caracas le 22 février.

Plusieurs villes

Le cortège, constitué de quelques milliers de personnes, prétendait atteindre le ministère de l'Alimentation, mais ses abords étaient interdits d'accès, à la demande du maire du secteur, Jorge Rodriguez, un proche du président Maduro, arguant de risques de violences.

D'autres manifestations se sont déroulées dans plusieurs villes, comme Maracaibo et San Cristóbal (ouest), Valencia (nord), Isla de Margarita (nord-est) ou Puerto Ordaz (sud), mais aucune chaîne de télévision n'en a retransmis la moindre image.

Tension constante

Cette nouvelle mobilisation de l'opposition intervient dans un climat de tension constante depuis que des étudiants ont commencé à protester le 4 février dans l'ouest du pays contre le gouvernement Maduro. Ils se sont mobilisés sur le thème de l'insécurité d'abord puis de l'inflation et des pénuries, ralliant à leur cause les opposants au «chavisme».

Les mobilisations quotidiennes ont souvent dégénéré en violences dont le bilan s'établit à 20 morts, au moins 300 blessés, tandis que de nombreux abus policiers ont été dénoncés. (ats)

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