Burundi: L'opposition rejette le calendrier électoral
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BurundiL'opposition rejette le calendrier électoral

Mardi, l'opposition burundaise a posé plusieurs conditions à l'organisation du futur scrutin présidentiel et a rejeté les propositions de la commission.

L'opposition burundaise a rejeté mardi le nouveau calendrier proposé par la commission électorale pour les législatives et la présidentielle au Burundi. Elle a posé plusieurs conditions à l'organisation des scrutins.

Un de ses dirigeants, Charles Nditije, a réclamé l'établissement d'une nouvelle commission électorale nationale indépendante, dont deux des cinq membres ont démissionné et quitté le pays. Il a aussi exigé le désarmement des Imbonerakure - les jeunes du parti au pouvoir - et l'abandon par le président Pierre Nkurunziza de sa volonté de briguer un troisième mandat. Cette question est au coeur de la crise qui touche le Burundi depuis la fin du mois d'avril.

«Les conditions ne sont pas là, donc il n'y aura pas d'élections qui puissent être crédibles et donner des résultats acceptables pour la population», a souligné Charles Nditije. «Si les choses restent en l'état, nous considérons que cela sera une mascarade, une parodie d'élections et l'opposition n'y répondra pas», a-t-il encore indiqué.

M. Nditije s'exprimait quelques heures après que la commission électorale nationale indépendante eut proposé lundi soir d'organiser le 26 juin prochain les législatives (initialement prévues le 26 mai et reportées une première fois au 5 juin sous pression internationale) et de reporter la présidentielle au 15 juillet.

Armes à récupérer

Le ministre de l'intérieur Edouard Nduwimana a assuré lundi soir que le gouvernement avait pris «l'engagement de suspendre l'exécution des mandats lancés contre les organisateurs des récentes manifestations, tout en demandant «à ces organisateurs d'arrêter les manifestations».

Il a encore affirmé que la «commission nationale en charge du désarmement» avait été chargée de «récupérer toutes les armes dans les deux semaines» auprès des groupes de jeunes affiliés aux partis, une tâche que nombre d'observateurs jugent difficilement réalisable.

Risque de guerre civile

Les actions de plus en plus violentes d'une milice progouvernementale au Burundi risquent de faire basculer le pays dans la guerre civile, a averti mardi à Genève le Haut Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme. Il a exhorté les autorités à prendre des mesures pour la mettre au pas.

«Chaque jour, nous recevons 40 à 50 appels de tout le pays lancés par des gens terrifiés, à la recherche d'une protection ou souhaitant rapporter des abus», a indiqué le Haut Commissaire Zeid Ra'ad Al Hussein.

«La dernière chose dont a besoin le Burundi, c«est d«être catapulté dans une guerre civile du fait de la détermination impitoyable d«un petit nombre de personnes à garder ou prendre le pouvoir à tout prix», a déclaré le Haut Commissaire.

L'ONU affirme avoir reçu «des témoignages inquiétants de réfugiés burundais ayant fui dans les pays voisins, portant sur des violations graves des droits de l'homme qui auraient été commises par une milice rattachée au mouvement progouvernemental connu sous le nom d«Imbonerakure».

Ces violations présumées, qui auraient eu lieu à Bujumbura mais aussi dans plusieurs provinces, incluent des exécutions sommaires, des enlèvements, des tortures, des coups, des menaces de mort et d'autres formes d'intimidation. (ats)

Une candidature non-négociable

La candidature du président burundais Pierre Nkurunziza à un troisième mandat, contestée depuis fin avril par la rue à Bujumbura, est «non négociable», a souligné mardi le porte-parole et secrétaire général du gouvernement burundais, Philippe Nzobonariba.

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