Actualisé 03.02.2011 à 11:04

Egypte - départ de Moubarak

L'opposition rejette toute négociation

La situation évolue d'heure en heure en Egypte. L'opposition s'est déclarée opposée à toute négociation avant la démission du président.

La Coalition nationale pour le changement refuse de négocier avec le pouvoir avant le départ du président Hosni Moubarak, a déclaré jeudi à l'AFP un porte-parole, après une annonce officielle sur une amorce de dialogue avec l'opposition.

«Notre décision est claire: pas de négociations avec le gouvernement avant le départ de Moubarak. Après cela, on est prêts à dialoguer avec Souleimane», a déclaré Mohammed Aboul Ghar. Le premier ministre Ahmad Chafic et le vice-président Omar Souleimane, cités par les médias officiels, avaient auparavant déclaré que le pouvoir avait entamé un dialogue avec l'opposition.

Alors que l'opposition annonce rejeter toute négociation avant le départ du président égyptien, des partisans d'Hosni Moubarak ont franchi peu avant midi jeudi le cordon formé par l'armée pour séparer opposants et partisans du régime, près de la place Tahrir, dans le centre du Caire, selon une journaliste de l'AFP sur place.

Des dirigeants européens s'expriment

Les dirigeants des cinq plus grands pays européens (France, Allemagne, Grande-Bretagne, Italie, Espagne) ont réclamé jeudi que le processus de transition en Egypte commence «dès maintenant» et condamné «tous ceux qui utilisent ou encouragent la violence», dans une déclaration commune.

«Nous observons la dégradation de la situation en Égypte avec une extrême préoccupation», écrivent les dirigeants français Nicolas Sarkozy, allemand Angela Merkel, italien Silvio Berlusconi, britannique David Cameron et espagnol José-Luis Zapatero dans ce texte communiqué par l'Elysée.

«Les Égyptiens doivent pouvoir exercer librement et pacifiquement leur droit de manifester et bénéficier de la protection des forces de sécurité. Les agressions contre les journalistes sont totalement inacceptables», disent-ils.

«Nous condamnons tous ceux qui utilisent ou encouragent la violence, qui ne fera qu'aggraver la crise politique que traverse l'Égypte. Seule une transition rapide et ordonnée vers un gouvernement à représentation élargie permettra de surmonter les défis auxquels l'Égypte doit faire face aujourd'hui. Ce processus de transition doit commencer dès maintenant», conclut le texte.

La situation en Egypte devrait être le point central d'un sommet européen qui se tient vendredi à Bruxelles.

Une coupure internet qui coûte cher

La coupure de l'internet pendant cinq jours par le gouvernement égyptien devrait avoir coûté à l'Egypte 90 millions de dollars (65 millions d'euros), et son impact pourrait être encore plus important sur le long terme, selon une première estimation publiée jeudi par l'OCDE.

«Les services bloqués (les télécommunications et l'internet) représentent environ 3% à 4% du produit intérieur brut (PIB), soit une perte de 18 millions de dollars par jour», indique l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans un bref communiqué.

L'impact sur le long terme peut être plus important, car cette mesure a frappé des sociétés high-tech locales et internationales qui fournissent des services également en dehors de l'Egypte, souligne l'organisation, dont le siège est à Paris.

«Ce sera beaucoup plus difficile à l'avenir d'attirer des entreprises étrangères et de leur assurer que les réseaux resteront fiables», alors que «jusqu'ici, attirer ces sociétés a été une stratégie clé du gouvernement» égyptien, estime l'OCDE.

L'accès à l'internet a été au moins en partie rétabli mercredi au Caire, après plus de cinq jours de coupure forcée mise en place par le gouvernement du président Hosni Moubarak, confronté à une contestation sans précédent en près de 30 ans de pouvoir.

Les cocktails molotov pleuvent, le Musée du Caire aurait été touché

Véhicules militaires déployés

Selon la chaîne Al Arabia, des véhicules militaires ont été déployés parmi les manifestants se trouvant sur la place Tahrir après que ces derniers ont été pris pour cible par des coups de feu tirés par des partisans d'Hosni Moubarak.

Selon un photographe de l'AFP, des milliers de manifestants ont passé la nuit sur la place Tahrir. Beaucoup se préparaient vers 05H30 pour la première prière, alors que d'autres se réchauffaient autour de feux de bois.

Les manifestants se sont organisés en groupes pour surveiller les accès à la place et prévenir l'attaque redoutée des partisans du président Moubarak.

Chameaux et chevaux

Les partisans de Moubarak chargent à dos de cheval ou de chameau.

Vue aérienne au même moment

(afp)

L'ONU évacue son personnel

Les Nations unies ont annoncé jeudi que quelque 350 personnes travaillant pour l'organisation en Egypte allaient être évacuées «temporairement» vers Chypre afin d'assurer leur sécurité. Une partie du personnel reste en Egypte pour assurer «les fonctions essentielles».

Rolando Gomez, porte-parole de la Force de l'ONU chargée du maintien de la paix à Chypre (UNFICYP), a précisé à l'Associated Press que deux avions de l'ONU effectueraient deux allers-retours entre l'aéroport chypriote de Larnaca et Le Caire jeudi pour récupérer le personnel et ses proches. Il a ajouté que des arrangements avaient été faits pour accueillir jusqu'à 600 personnes dans des hôtels mais ignorait si le personnel resterait dans l'île méditerranéenne. Larnaca se trouve à quelque 580km du Caire.

(ap)

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