Conférence de paix: L'opposition syrienne pourrait renoncer à venir à Genève
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Conférence de paixL'opposition syrienne pourrait renoncer à venir à Genève

Une coalition de l'opposition a annoncé la composition de sa délégation aux négociations, tout en exigeant l'arrêt des bombardements et la levée du siège des zones habitées en Syrie.

La Conférence de paix en Syrie est théoriquement prévue la semaine prochaine à Genève.

La Conférence de paix en Syrie est théoriquement prévue la semaine prochaine à Genève.

photo: Keystone/ARCHIVES / PHOTO D'ILLUSTRATION

Le conseil de l'opposition syrienne a déclaré mercredi qu'il ne participerait pas à la conférence de paix théoriquement prévue la semaine prochaine à Genève si une tierce partie s'y joint. Allusion aux tentatives russes d'y intégrer d'autres groupes.

Son coordinateur, Riad Hijab, a accusé la Russie de chercher à entraver sa tenue. Il a également relevé lors d'une conférence de presse à Ryad qu'il est impossible de négocier tant que des Syriens meurent dans des villes assiégées ou bombardées.

L'opposition a néanmoins dévoilé la composition de son équipe de négociateurs. Riad Hijab a annoncé que Mohamed Allouche, membre du bureau politique de Jaïch al-Islam, groupe pro-saoudien, serait le négociateur en chef. Ce groupe armé est qualifié de terroriste par Damas et Moscou.

La coalition formée des principaux groupes de l'opposition politique et armée a par ailleurs exigé que sa délégation soit la seule interlocutrice face au régime. Elle a aussi exigé l'arrêt des bombardements et la levée du siège des zones peuplées en Syrie, pays ravagé par près de cinq ans de guerre.

Effusion de sang

«Nous voulons aller à de véritables négociations qui mettent fin à la tragédie syrienne, arrête l'effusion de sang et conduise le pays à un régime pluraliste, représentatif de tous les groupes syriens sans exclusion», a encore dit M. Hijab.

Il a répété que les négociations devraient conduire à la mise en place d'une autorité de transition bénéficiant de «pleines prérogatives et au sein de laquelle Bachar al Assad (...) n'aura aucun rôle à jouer».

Le gouvernement syrien a accepté en principe d'aller à Genève, mais avait dit vouloir voir la composition de la délégation de l'opposition.

Selon une feuille de route déjà définie à Vienne en novembre par 17 pays -dont les grandes puissances et des protagonistes du conflit comme l'Arabie Saoudite et l'Iran- un cessez-le-feu doit être conclu, un gouvernement de transition formé et des élections organisées dans un délai de 18 mois. Ce processus de Vienne a été validé le 18 décembre à l'unanimité des 15 membres du Conseil de sécurité de l'ONU.

«Beaucoup de travail»

Mardi, Washington a estimé qu'il restait «encore beaucoup de travail à faire» pour être en mesure d'amorcer les pourparlers.

Les Nations unies ont indiqué lundi qu'elles ne lanceraient pas d'invitations aux pourparlers tant que les grandes puissances (les Etats-Unis, la Russie, les Européens et certains pays du Moyen-Orient comme l'Arabie saoudite et l'Iran) qui soutiennent le processus de paix ne se seront pas mises d'accord sur les participants. La conférence doit débuter lundi prochain à Genève.

Rencontre à Zurich

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a rencontré son homologue russe Sergueï Lavrov à Zurich. Interrogé pour savoir si les négociations pourront débuter lundi comme prévu, le chef de la diplomatie russe a répondu: «nous verrons, nous verrons».

En revanche, les deux ministres ont jugé que la désignation des représentants de l'opposition syrienne n'était pas de leur ressort mais de celui du médiateur de l'ONU, Staffan de Mistura, a dit Sergueï Lavrov.

Ce dernier a en outre déclaré que les négociations devraient commencer dans les prochains jours. Sergueï Lavrov a aussi assuré que la Russie est «prête» à une coordination «plus étroite» avec la coalition internationale menée par les Etats-Unis afin d'assurer la sécurité des livraisons d'aide humanitaire en Syrie.

Solution politique

De passage en Suisse, pour le Forum économique de Davos (GR), le ministre iranien des Affaires étrangères Javad Zarif s'est exprimé sur ce dossier. «Il n'y a pas de solution militaire à la crise. Nous avons besoin d'une solution politique. Il y a des possibilités pour des élections libres et justes, mais aussi pour des réformes constitutionnelles», a-t-il dit. L'Iran est un soutien indéfectible de Bachar el-Assad.

Sur le terrain, le groupe Etat islamique (EI) a relâché 270 des 400 civils capturés samedi lors d'un assaut sur la ville de Deir Ezzor, dans l'est de la Syrie, a rapporté une ONG. Il s'agit surtout de femmes et d'enfants. L'EI a gardé les hommes âgés de 14 à 55 ans pour les interroger.

La Syrie est déchirée depuis cinq ans par la guerre entre le gouvernement de Damas et plusieurs factions dont l'organisation Etat islamique. Le conflit a fait au moins 250'000 morts et des millions de déplacés. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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