Escalade entre Israël et l'Iran: «L'option est là qu'ils paient encore plus cher»
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Escalade entre Israël et l'Iran«L'option est là qu'ils paient encore plus cher»

Tsahal a répliqué aux dizaines de roquettes tirées par l'Iran la nuit dernière depuis la Syrie sur la partie du Golan. Un brusque regain de tension qui inquiète la communauté internationale.

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La défense aérienne syrienne a fait face à des missiles israéliens dans le Sud et le Centre de la Syrie. (Jeudi 5 mars 2020)

La défense aérienne syrienne a fait face à des missiles israéliens dans le Sud et le Centre de la Syrie. (Jeudi 5 mars 2020)

AFP
Les frappes russes ont notamment touché le village de Qaminas, au sud de la ville d'Idleb. (Lundi 24 février 2020)

Les frappes russes ont notamment touché le village de Qaminas, au sud de la ville d'Idleb. (Lundi 24 février 2020)

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Les forces du régime syrien ont pénétré dans la ville stratégique de Saraqeb mercredi, poursuivant leur offensive dans la province d'Idleb. (Mercredi 5 février 2020)

Les forces du régime syrien ont pénétré dans la ville stratégique de Saraqeb mercredi, poursuivant leur offensive dans la province d'Idleb. (Mercredi 5 février 2020)

AFP

Israël a mené dans la nuit de mercredi à jeudi des dizaines de raids aériens meurtriers contre des cibles présentées comme iraniennes en Syrie, affirmant agir en représailles à des tirs de roquettes, une escalade qui a alarmé la communauté internationale.

Images des missiles israéliens

Le bureau médiatique de l'armée syrienne diffuse des images montrant, selon la télévision d'Etat syrienne, la défense anti-aérienne interceptant des missiles israéliens lancés contre le territoire syrien.

Si leur paternité était confirmée, ces tirs de roquettes attribués à l'Iran serait une première contre des positions israéliennes dans le cadre de la confrontation de plusieurs décennies entre les deux ennemis. La riposte israélienne est elle d'une vigueur exceptionnelle sur le sol syrien depuis le début de la guerre civile en 2011.

«Nouvelle phase»

Alors que la région est plus que jamais sous tension après l'annonce par Donald Trump du retrait américain de l'accord sur le nucléaire iranien, les frappes israéliennes marquent une «nouvelle phase» dans la guerre ravageant la Syrie depuis sept ans, a clamé le régime de Bachar al-Assad.

«L'escalade des dernières heures nous montre qu'il y va vraisemblablement de la guerre ou de la paix», a prévenu la chancelière allemande Angela Merkel. Plusieurs experts interrogés par l'AFP ont souligné qu'un pas avait effectivement été franchi dans l'hostilité israélo-iranienne en Syrie. Mais le point de non-retour n'est pas atteint, et la Russie a un rôle déterminant à jouer, ont-ils jugé.

Intervenant majeur en Syrie en soutien au régime de Damas, Moscou a justement dit avoir pris contact avec toutes les parties, et les avoir appelées à la «retenue». Sans surprise, à Washington, la Maison-Blanche a dénoncé les «attaques provocatrices» de l'Iran et réaffirmé le «droit d'Israël à agir pour se défendre». Le ministère allemand des Affaires étrangères a dénoncé une «provocation» de Téhéran, tandis que le président français Emmanuel Macron a appelé à la «désescalade». Téhéran a gardé le silence.

«Nous ne cherchons pas l'escalade»

Selon les Israéliens, al-Qods, la brigade iranienne pour les opérations extérieures, a tiré peu après minuit (21H00 GMT mercredi) une vingtaine de roquettes de type Fajr et Grad vers les premières positions sur la partie du Golan occupée par Israël, de l'autre côté de la ligne de démarcation. L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui dispose d'un vaste réseau d'informateurs à travers la Syrie, a fait état de dizaines de roquettes tirées, après un premier bombardement israélien de la localité syrienne de Baas la veille.

C'est la première fois depuis le début en 2011 de la guerre en Syrie et de l'engagement iranien dans ce pays voisin d'Israël que l'Etat hébreu impute de telles frappes à l'Iran. Ces roquettes iraniennes n'ont pas fait de victimes: quatre des projectiles ont été interceptés par les systèmes de défense anti-aériens, et les autres sont tombés en dehors d'Israël, a affirmé l'armée israélienne.

Selon le lieutenant-colonel Jonathan Conricus (Photo), un porte-parole, l'armée israélienne a riposté en lançant l'une de ses opérations aériennes les plus importantes des dernières années, «certainement la plus importante contre des cibles iraniennes». «Nous ne cherchons pas l'escalade», a fait valoir le lieutenant-colonel Conricus. Mais il a prévenu que toute nouvelle tentative iranienne de s'en prendre à Israël appellerait une réponse vigoureuse. «Ils ont déjà payé le prix cette nuit, mais l'option est là qu'ils paient encore plus cher».

Détonations à Damas

L'aviation a frappé le lance-roquettes d'où étaient partis les projectiles, dans la périphérie de Damas, ainsi qu'environ 70 cibles militaires iraniennes, sites de renseignement, de logistique, de stockage, postes d'observation à travers toute la Syrie, a-t-il dit.

Ces frappes ont tué au moins 23 combattants, dont 18 étrangers, selon l'OSDH. Les missiles israéliens ont touché des bases «qui appartiendraient au Hezbollah libanais au sud-ouest (...) de Homs, ainsi que Maadamiyat al-Cham, à l'ouest de Damas, où se trouvent des combattants iraniens ainsi que du Hezbollah et de la 4e brigade» de l'armée syrienne, a précisé l'ONG.

«Alerte élevée»

Israël reste en «état d'alerte élevé», mais entend que les civils du Golan continuent à travailler et à vivre normalement, les seules instructions consistant à ne pas organiser de rassemblement de plus de 1000 personnes et à rester attentifs aux consignes du commandement militaire, a dit le porte-parole militaire israélien.

Israël a annexé en 1981 la partie du Golan (1.200 kilomètres carrés) qu'il occupait depuis 1967 et la guerre des Six Jours. Cette annexion n'est pas reconnue par la communauté internationale, qui considère toujours le territoire comme syrien. Environ 510 kilomètres carrés restent sous contrôle syrien. (afp)

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