Etats-Unis: L'Oregon proscrit la peine de mort
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Etats-UnisL'Oregon proscrit la peine de mort

Le gouverneur démocrate de l'Oregon, John Kitzhaber, a annoncé mardi qu'il n'autoriserait plus aucune exécution tant qu'il serait en fonction.

Sa décision épargne Gary Haugen, condamné à mort pour meurtre, dont l'exécution était prévue le 6 décembre. «Il est temps que l'Oregon envisage une approche différente», explique le gouverneur Kitzhaber dans un communiqué. «Je refuse de participer plus longtemps à ce système compromis et inéquitable, et je n'autoriserai aucune autre exécution tant que je serai gouverneur», ajoute-t-il.

Les exécutions de condamnés à mort sont rares dans l'Oregon, Etat du nord-ouest des Etats-Unis: deux au cours des 49 dernières années, toutes les deux lors du premier mandat du gouverneur Kitzhaber.

Mais le responsable démocrate juge aujourd'hui que ces exécutions n'ont pas rendu la société plus sûre. «Et je ne peux simplement plus participer à quelque chose que je considère moralement mauvaise.»

A ce jour, seize Etats du pays, plus le District fédéral de Columbia, ne pratiquent pas la peine de mort. Et la tendance penche plutôt en faveur des partisans de l'abolition: en mars, le gouverneur de l'Illinois, Pat Quinn, a promulgué une loi abolissant la peine de mort dans son Etat.

(ats)

La peine capitale subit une lente «érosion»

Avec un nouveau moratoire décrété dans l'Oregon (Nord-Ouest), avec la baisse des exécutions et des condamnations à mort, la peine capitale a subi une lente «érosion» depuis dix ans aux Etats-Unis, dans les faits comme dans les esprits.

«Etat après Etat, lentement, il y a une érosion du soutien à la peine de mort», déclare Richard Dieter, directeur du Centre d'information sur la peine de mort (DIPC). Douze Etats sur cinquante ont appliqué la sentence l'an dernier.

Au total, 16 Etats ont aboli la peine capitale ou ne l'ont pas réadoptée après son rétablissement en 1976. Ils pourraient, selon les pronostics de M. Dieter, être rejoints, peut-être dès l'an prochain, par l'Oregon mais aussi le Maryland, le Connecticut et la Californie.

«Cela prendra encore du temps», commente M. Dieter, «la peine de mort n'aura pas disparu en trois ans, mais en dix ans c'est une possibilité», poursuit-il, soulignant qu'il reviendrait à la Cour suprême des Etats-Unis de décider.

Dans l'opinion publique aussi, le soutien à la peine capitale a régressé, atteignant un plus bas depuis 39 ans.

Mais «le soutien du public reste remarquablement constant et solide», note Robert Blecker, professeur à la New York Law School, citant un récent sondage Gallup selon lequel 61% des Américains approuvent la peine de mort.

«Dans leur majorité, les Américains sont favorables à la peine capitale lorsqu'il y a une certitude absolue», insiste également David Schaefer, professeur au Holy Cross College, dans le Massachussetts, favorable, lui, à ce châtiment.

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