Protection des animaux : L'origine des fourrures désormais contrôlée
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Protection des animaux L'origine des fourrures désormais contrôlée

Les amateurs de fourrure ne pourront plus faire l'impasse sur l'origine de leurs accessoires en peau: ils devront désormais connaître de quel animal ils proviennent.

A l'avenir, qui achète de la fourrure ou des produits de la pelleterie devra savoir leur origine, de quel animal elles proviennent et dans quelles conditions elles ont été produites. La nouvelle obligation de déclaration satisfait la plupart des parties consultées jusqu'à lundi.

Dans sa prise de position, la Protection suisse des animaux (PSA) décrit l'ordonnance prévue sur la déclaration des fourrures comme «équilibrée». De plus, celle-ci pourra facilement être mise en place et contrôlée, ajoute-t-elle.

Les organisations des consommateurs saluent de leur côté le rôle de pionnier du Conseil fédéral: l'identification de la fourrure et des produits de la pelleterie n'est obligatoire ni dans l'Union européenne, ni dans les pays voisins.

Pour les animaux sauvages

Le gouvernement y a en fait été contraint par le parlement via la transmission d'une motion de Tiana Moser (Vert'libéraux/ZH). Dans son projet d'application, le Conseil fédéral va plus loin. L'étiquette devra contenir les noms zoologiques et scientifiques de l'animal. Le pays ou la région d'origine (s'il y a plusieurs pays d'origine) devront également être précisés.

Le consommateur pourra également savoir si l'animal a été chassé ou élevé. Dans le premier cas, il faudra indiquer si un piège a été utilisé ou non. En cas d'élevage, il s'agira de préciser si l'animal a vécu dans un troupeau, dans une bande, dans une cage sur sol naturel ou dans une cage sur sol grillagé.

L'ordonnance ne concernera que les animaux sauvages, excluant les animaux domestiqués (chevaux, lapins, moutons ou encore yacks), les lamas et les alpagas.

Cette restriction dérange la PSA. Selon elle, des millions de lapins sont élevés pour leur fourrure, la plupart du temps dans des conditions cruelles, écrit l'organisation. Et d'estimer qu'il n'y a aucune raison de cacher cette information.

Commerces réservés

Les organisations des consommateurs regrettent que les produits qui contiennent de la fourrure, comme les vestes avec le bord de la capuche en fourrure, ne soient pas réglementés. Elles déplorent par ailleurs de nombreuses lacunes dans lesquelles les vendeurs peuvent s'engouffrer et que les organisations aimeraient voir comblées dans la version définitive de l'ordonnance.

Les vendeurs, eux, se montrent moins enthousiastes. Swiss Fashion Stores, l'association des magasins de mode suisses, critique le principe même d'obligation de déclaration. Elle juge la démarche solitaire de la Suisse peu judicieuse. Et avertit d'une hausse des prix à cause des démarches administratives supplémentaires.

SwissFur, la fédération des magasins de fourrure et des pelletiers suisses, n'a pas souhaité rendre sa prise de position publique.

(ats)

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