Guerre contre Kadhafi: L'OTAN affiche son objectif: la chute de Kadhafi
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Guerre contre KadhafiL'OTAN affiche son objectif: la chute de Kadhafi

Divisés sur le volet militaire de l'opération en Libye, les membres de l'OTAN ont serré les rangs jeudi sur les aspects politiques.

Promettant de «tout faire» pour défendre les civils, le secrétaire général de l'Alliance a jugé nécessaire de déployer plus d'avions, mais sans réussir à les obtenir.

La révision à la hausse des capacités aériennes engagées sur le terrain figure parmi les principaux points de divergence, avec la participation de nouveaux pays aux bombardements et la question de l'armement des rebelles anti-Kadhafi.

Mais les alliés ont choisi d'insister en choeur sur la nécessité d'une solution politique au conflit, dont beaucoup estiment qu'il pourrait aujourd'hui s'enliser. L'OTAN a aussi «endossé fermement» l'appel lancé la veille par le «groupe de contact» pour que le colonel Kadhafi se retire.

Dans la déclaration commune sur laquelle se sont entendus les 28 membres de l'Alliance, l'OTAN s'engage, selon son secrétaire général Anders Fogh Rasmussen, à poursuivre les frappes «à cadence élevée» tant que les attaques du colonel Kadhafi contre les civils se poursuivraient et que les militaires ne seraient pas retournés dans leurs casernes.

Misrata appelle à l'aide

Des avions de l'OTAN ont encore opéré jeudi des raids sur Tripoli, la capitale libyenne. Les rebelles ont de leur côté appelé l'Alliance à intensifier son action pour prévenir un «massacre» à Misrata, prise jeudi sous une pluie de roquettes kadhafistes qui auraient fait 23 morts et des dizaines de blessés, majoritairement des femmes et des enfants, selon les insurgés.

Un bateau chargé d'aide humanitaire devait arriver jeudi soir dans le port de la ville pour commencer à évacuer quelque 6000 travailleurs immigrés, a indiqué l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Le bombardement de la zone portuaire a toutefois entraîné la fermeture du port en fin de soirée.

Dix avions nécessaires

A l'heure actuelle, seuls six des 28 membres de l'Alliance atlantique participent activement aux frappes au sol en Libye - France, Grande-Bretagne, Danemark, Norvège, Belgique et Canada.

Alors que Paris et Londres, qui assurent à eux seuls 50% des sorties, réclament depuis plusieurs jours des contributions supplémentaires, Washington a indiqué mercredi avoir poursuivi les raids aériens même depuis que l'OTAN a pris le 31 mars le commandement des opérations.

Selon un responsable de l'OTAN, l'Alliance manque en tout et pour tout de dix avions capables d'exécuter des frappes au sol de précision, ce qu'a confirmé Anders Fogh Rasmussen.

Pas d'engagements

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a promis que son pays soutiendrait jusqu'au bout l'opération. Mais elle s'est bien gardée de promettre de nouvelles capacités ou de revenir en première ligne, magré l'insistance de la France.

Eux aussi pressés par Paris et Londres de revoir leurs contributions à la hausse, l'Espagne, l'Italie, les Pays-Bas et la Suède - non membre de l'OTAN mais représentée à Berlin - n'ont pour l'instant pas accédé à ces demandes.

Autres sommets

Réunis lors d'un sommet en Chine, les cinq puissances émergentes du «BRICS» que sont le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud ont elles réaffirmé leurs réticences quant aux bombardements de l'OTAN, appelant de leurs voeux une solution politique sans violence.

Un autre sommet consacré à la question libyenne s'est tenu au Caire, réunissant le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, la cheffe de la diplomatie européenne Catherine Ashton, le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa, ainsi que des responsables de l'Union africaine et de l'Organisation de la conférence islamique.

Là aussi, une solution politique a été réclamée, ainsi qu'un «cessez-le-feu immédiat» et le départ de Mouammar Kadhafi. (ats/afp)

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