Actualisé 06.08.2014 à 19:48

UkraineL'OTAN craint une intervention russe

Des soldats russes ont été placés près de la frontière ukrainienne, tandis que le conflit a fait de nouvelles victimes, mercredi.

Donetsk, fief des séparatistes prorusses dans l'est de l'Ukraine, a subi mercredi une frappe aérienne non revendiquée. Cette attaque inédite est intervenue alors que l'armée ukrainienne intensifie ses manoeuvres pour reprendre la ville et que la Russie aurait massé environ 20'000 soldats près de la frontière.

A Donetsk, la nuit a été marquée par des tirs d'artillerie dans les faubourgs ouest de Petrovski et Kirovski et une frappe aérienne non loin du centre-ville, la première depuis les bombardements en mai de l'armée ukrainienne pour chasser les rebelles de l'aéroport international de Donetsk. L'armée ukrainienne a rejeté toute responsabilité pour cette frappe en affirmant ne pas avoir «bombardé Donetsk».

Une journaliste de l'AFP sur place a vu un profond cratère à sept kilomètres du centre-ville où, selon les habitants, se trouve une des bases rebelles. L'entrée d'un des nombreux entrepôts a été gravement endommagée par l'explosion qui a soufflé les vitres de trois immeubles de bureaux à proximité.

Cette frappe n'a «pas fait de victimes civiles», selon la mairie qui fait état de trois civils tués en 24 heures dans des tirs d'artillerie touchant d'autres districts de la ville. En début d'après-midi mercredi, des journalistes de l'AFP dans le centre-ville ont entendu le son de nouveaux survols à basse altitude.

Poutine limite les importations

Les combats s'intensifient depuis plusieurs jours autour de Donetsk, la plus grande ville du bassin houiller du Donbass. La stratégie affichée par Kiev est d'isoler les insurgés à Donetsk jusqu'à épuisement de leurs ressources. L'objectif est de les couper de la frontière russe par laquelle transitent, selon l'Ukraine et les Occidentaux, armes et combattants, ce qui explique les sanctions économiques sans précédent imposées à la Russie.

En riposte à ces mesures, Vladimir Poutine a ordonné d'«interdire ou de limiter pour un an» les importations de certains produits agroalimentaires en provenance des pays sanctionnant la Russie.

La Russie a massé environ 20'000 soldats près de la frontière avec l'Ukraine et pourrait prétexter une mission humanitaire ou de maintien de la paix pour envahir l'est de ce pays, a indiqué de son côté l'OTAN mercredi dans un communiqué. La Russie a démenti un tel mouvement de troupes.

Manoeuvres militaires

L'OTAN, dont le secrétaire général Anders Fogh Rasmussen est attendu jeudi en Ukraine, rappelle que la Russie avait massé près de 40'000 hommes dans les régions frontalières de l'Ukraine avant de procéder à un rapatriement de ces unités dans leurs casernes en juin. Seuls un millier de soldats étaient demeurés sur place.

«Il existe théoriquement une menace d'intervention. Nous analysons tous les scénarios possibles», a déclaré le porte-parole militaire ukrainien Andriï Lyssenko. Sur le terrain, la situation ne cesse de se détériorer et M. Lyssenko a indiqué que l'armée avait perdu 18 hommes en 24 heures dans des combats dans l'est.

La Russie a encore fait monter la pression lundi en lançant des manoeuvres militaires près de la frontière, impliquant une centaine d'avions de combat. Elles ont été dénoncées comme des «provocations» par Kiev et Washington.

Enquête retardée

Le fossé entre les Occidentaux et Moscou s'est encore creusé depuis la destruction en vol par un missile en zone rebelle le 17 juillet d'un avion de Malaysia Airlines avec 298 personnes à bord.

Trois semaines après la chute de l'appareil, le travail des enquêteurs néerlandais chargés de l'enquête a à nouveau été perturbé mercredi «à cause des tirs» des insurgés qui contrôlent la zone du crash, a indiqué le gouvernement ukrainien.

La «situation complexe» va retarder de quelques semaines la rédaction du rapport préliminaire sur les circonstances de la chute de l'avion, ont-ils annoncé. (ats)

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