Actualisé 26.11.2014 à 17:07

Ukraine

L'Otan «inquiète» de la militarisation de la Crimée

L'organisation s'est dit mercredi «très inquiete» de la militarisation par Moscou de la péninsule ukrainienne de Crimée annexée en mars par la Russie.

Le commandant en chef de l'OTAN, le général américain Philip Breedlove, a dénoncé mercredi à Kiev le déploiement de missiles russes en Crimée, péninsule ukrainienne annexée en mars par Moscou. Le haut officier est en revanche resté vague sur la perspective d'adhésion de l'Ukraine à l'Alliance atlantique.

«Nous sommes très inquiets de la militarisation de la Crimée», a déclaré le général au cours d'une conférence de presse à Kiev. Cela représente selon le haut officier américain une menace «pour la totalité de la mer Noire». Il a dit par ailleurs craindre le déploiement dans la péninsule d'armes nucléaires et «surveiller» les développements à ce sujet.

Ces dernières semaines, la Russie a renforcé sa présence militaire en Crimée. Elle a notamment décidé d'y rouvrir une station d'alerte antimissile et de consacrer plus d'1,75 milliard d'euros (2,1 milliards de francs) d'ici à 2020 au développement de sa flotte de la mer Noire.

Adhésion à l'OTAN

Le général Breedlove est resté vague sur la possible adhésion de Kiev à l'OTAN après son entretien avec le président ukrainien Petro Porochenko et le Premier ministre Arseni Iatseniouk qui en ont fait une priorité. De telles décisions doivent être prises par des hommes politiques, a-t-il relevé.

M. Porochenko avait promis lundi d'organiser un référendum à ce sujet. Toutefois même les alliés les plus fidèles de Kiev restent sceptiques sur la perspective d'adhésion de l'Ukraine à l'Alliance atlantique.

La responsable du département d'État américain en charge des affaires européennes Victoria Nuland a déclaré dans une interview au site d'information russe indépendant Meduza qu'il serait «très difficile» pour l'Ukraine d'adhérer à l'OTAN.

Hommes et artillerie

Le général Breedlove a également, à maintes reprises, accusé la Russie de déployer dans l'est rebelle de l'Ukraine des troupes et de l'équipement lourd, ce que Moscou dément catégoriquement.

Kiev a toutefois affirmé mercredi avoir repéré plusieurs dizaines de camions transportant hommes et artillerie et traversant la frontière depuis la Russie pour se rendre dans l'Est séparatiste.

De leur côté les autorités américaines, sollicitées par l'Ukraine, refusent de fournir à Kiev des armes létales. Elles prévoient en revanche de positionner environ 150 chars et véhicules blindés dans plusieurs pays membres de l'OTAN, dont une partie en Europe de l'Est, très inquiète pour sa sécurité.

Pénurie de charbon

Kiev ne doit pas seulement craindre des mouvements militaires. Une pénurie de charbon, bien plus que de gaz, menace de plonger l'Ukraine dans le froid et l'obscurité cet hiver, après la décision de la Russie de suspendre ses livraisons à Kiev.

Les combats entre l'armée gouvernementale et les séparatistes dans le Donbass, l'Est industriel du pays, ont perturbé l'approvisionnement des centrales thermiques qui assurent environ 40% de la production nationale d'électricité.

Plaintes à Strasbourg

De son côté, la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) a annoncé avoir demandé au gouvernement russe de lui soumettre ses observations à propos de plaintes déposées à son encontre par le gouvernement ukrainien. La CEDH se prononcera ultérieurement sur leur recevabilité.

La première requête concerne le rattachement à la Russie, non reconnu par la communauté internationale, de la péninsule de Crimée ainsi que les événements dans l'est de l'Ukraine, en proie à une guérilla séparatiste attisée, selon Kiev, par Moscou.

La seconde requête concerne des accusations portées par l'Ukraine, selon lesquelles des séparatistes pro-Russes de l'est du pays auraient, à trois reprises, enlevé des groupes d'orphelins et d'enfants ukrainiens en juillet et en août 2014 pour les emmener en Russie. (ats)

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