Libye: L'OTAN «laisse mourir» les gens à Misrata
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LibyeL'OTAN «laisse mourir» les gens à Misrata

Les rebelles libyens ont vivement mis en cause l'attitude de l'OTAN, qu'ils accusent de ne pas agir assez rapidement pour leur venir en aide.

«Soit l'OTAN fait son travail correctement, soit nous demanderons au Conseil de sécurité de suspendre ses opérations», a dit le chef des forces rebelles, Abdel Fattah Younes, à Benghazi. Selon lui, l'inaction des Occidentaux permet aux forces de Mouammar Kadhafi d'avancer et de massacrer «chaque jour» la population de Misrata, la troisième ville du pays à 220 km à l'est de Tripoli.

«Si l'OTAN attend encore une semaine de plus, ce sera la fin de Misrata. Nous ne trouverons plus personne là-bas», a ajouté cet ex- ministre qui a rallié la rébellion en février. Ces accusations surviennent quelques heures après que l'Alliance a annoncé avoir fait de la défense de Misrata sa «priorité numéro un».

Menacés d'«extermination»

Depuis plus de 40 jours, les insurgés défendent sans relâche Misrata bombardée et assiégée par les forces loyalistes. Selon les rebelles, plus de 200 personnes ont péri dans les combats.

«L'OTAN nous a déçus. L'OTAN ne nous a pas fourni ce que nous voulions», a poursuivi M. Younes. Selon lui, les habitants de Misrata sont menacés «d'extermination au vrai sens du terme».

«L'eau y est coupée, il n'y a plus d'électricité ou de produits alimentaires, il n'y pas plus de lait pour enfants depuis 40 jours, alors que les forces de Kadhafi bombardent tous les jours maisons, mosquées et hôpitaux à l'artillerie lourde», a-t-il affirmé. «Les habitants boivent de l'eau des égouts», a-t-il encore dit.

Bombardements «aveugles»

«Si l'OTAN voulait briser le blocus de la ville, il l'aurait fait depuis plusieurs jours». «Tous les jours, des civils, vieillards et enfants, meurent à Misrata. L'OTAN n'a rien fait, il bombarde ici et là», a dit le responsable.

La veille, la rébellion avait demandé à nouveau l'appui de la coalition internationale pour venir à bout de l'artillerie lourde des forces du colonel Kadhafi qui bombardent «aveuglément» la ville, alors que les avions de l'OTAN «ne survolent même pas la région», avait indiqué un porte-parole des insurgés.

(ats)

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