Actualisé 21.05.2012 à 23:14

Sommet de l'OTANL'Otan organise son retrait d'Afghanistan

L'Otan a déclaré lundi «irréversible» le processus de retrait de ses soldats d'Afghanistan à la fin 2014 tout en affirmant sa détermination à aider Kaboul sur le long terme pour empêcher le retour des talibans.

Réuni à Chicago, l'Otan a redit sa volonté de quitter l'Afghanistan.

Réuni à Chicago, l'Otan a redit sa volonté de quitter l'Afghanistan.

L'Alliance transatlantique va transférer aux forces afghanes à la mi-mai 2013 la responsabilité de la sécurité. Les dirigeants des 28 pays membres de l'Alliance ont renouvelé leur soutien au calendrier établi lors de leur précédent sommet, à Lisbonne en 2010. Ce processus est «irréversible», ont-ils souligné dans leur déclaration.

L'enjeu était d'affirmer la volonté de tous d'»aller au bout de la mission», comme l'a déclaré le président américain Barack Obama, son homologue afghan, Hamid Karzaï, assis à ses côtés.

La responsabilité de la sécurité aux forces afghanes sera transférée «d'ici à la mi-2013» et les troupes internationales passeront alors à un rôle de soutien jusqu'à leur retrait à la fin 2014, selon le texte.

«La mission de combat dirigée par l'Otan prendra fin» à cette date. Mais l'Alliance atlantique continuera d'apporter «un solide soutien politique et pratique à long terme» au gouvernement afghan.

L'OTAN se dit donc «prête à travailler à l'établissement, à la demande du gouvernement de la République islamique d'Afghanistan, d'une nouvelle mission pour l'après-2014», précise la déclaration.

La Suisse apportera sa pierre à la reconstruction de l'Afghanistan, en finançant la formation de la police afghane. Berne va augmenter d'un million de dollars sa participation à un fonds destiné à cette fin.

Financer les forces afghanes

«Au moment où les Afghans sont appelés à prendre plus de responsabilités, ils ne seront pas abandonnés», a promis le président Obama.

Les effectifs des forces afghanes devraient atteindre un maximum de 352'000 soldats et policiers afin d'être en mesure d'assumer la responsabilité de la sécurité sur l'ensemble du territoire au retrait de l'Isaf à la fin 2014.

L'Otan a donné son accord de principe à l'octroi de 4,1 milliards de dollars par an pour financer les forces afghanes à partir de 2015.

Washington a annoncé être prêt à y contribuer à hauteur de 2,3 milliards de dollars. Selon la déclaration, l'Etat afghan apportera 500 millions de dollars en 2015, un montant qui augmentera progressivement jusqu'à ce qu'il soit capable d'assumer, «pas plus tard qu'en 2024, la responsabilité totale de ses propres forces de sécurité».

Routes d'accès

En attendant, l'Alliance doit préparer l'immense chantier de retrait des 130'000 soldats actuellement présents et de la quantité énorme de matériel militaire accumulée en une décennie de guerre.

L'un des obstacles les plus urgents à résoudre est le blocage des routes de ravitaillement entre le Pakistan et l'Afghanistan pour les convois de l'alliance militaire.

Les dirigeants de l'Otan ont appelé lundi le Pakistan à rouvrir ces lignes de communication «dès que possible». Ils mettent ainsi la pression sur le président pakistanais Asif Ali Zardari, invité de dernière minute à Chicago.

Ce dernier a répondu qu'Islamabad a donné instruction à ses négociateurs de conclure les discussions avec les Etats-Unis pour rouvrir les routes.

Le président américain Barack Obama a fait état de «progrès» dans les négociations entre les Etats-Unis et le Pakistan afin de rouvrir les routes de ravitaillement de l'Otan vers l'Afghanistan, lors de sa conférence de clôture lundi du sommet de l'Otan à Chicago.

M. Obama, qui a eu un entretien «très bref» avec son homologue pakistanais Asif Ali Zardari, a toutefois dit qu'il ne s'était pas attendu à un accord au sommet sur cette question des routes de ravitaillement, fermées depuis six mois par Islamabad. «Nous faisons des progrès sur la question», a déclaré Barack Obama.

Retrait français

Dans ce contexte, la décision du nouveau président français François Hollande de retirer les troupes combattantes dès la fin de 2012, deux ans avant le calendrier de l'Otan, n'a guère soulevé de vagues.

Pour la seconde journée de son sommet à Chicago, l'Alliance a voulu démontrer sa force et son unité: elle a réuni autour d'une immense table les dirigeants des 50 pays participants à l'opération en Afghanistan, des Etats-Unis au Luxembourg en passant par la Nouvelle-Zélande.

Membre du Partenariat pour la Paix (PPP), une structure de coopération souple entre l'OTAN et partenaire non-membre, la Suisse était représentée par le conseiller fédéral Didier Burkhalter. (ats/afp)

Burkhalter: défendre les droits de l'homme renforce la sécurité»

Devant une assemblée de l'OTAN réunie à Chicago par Barack Obama, le conseiller fédéral Didier Burkhalter a défendu une politique globale de sécurité, intégrant la promotion de la paix, le respect du droit international et la protection des droits humains. Berne va augmenter d'un million son aide à l'Afghanistan.

A titre d'exemple, le conseiller fédéral a cité quatre régions dans le monde où la Suisse apporte une contribution en ce sens: les troupes de la Kfor au Kosovo, ainsi que les initiatives en faveur du développement, de la démocratie et des droits de l'homme en Afrique du Nord.

La Suisse a également un engagement de longue date en Afghanistan, notamment dans la promotion de la gouvernance et du développement économique et social.

Dans ce pays, la Suisse va augmenter d'un million de dollars son soutien à un fonds de soutien. Ce programme est destiné à la formation de la police afghane, a précisé M. Burkhalter, selon le texte de son discours.

Enfin, la Suisse s'engage «résolument» en faveur du désarmement nucléaire et invite les autres nations à en faire autant. Plus particulièrement, «nous soutenons la création d'une zone exempte d'armes nucléaires et de destruction massive au Moyen-Orient», a ajouté M. Burkhalter.

Prévenir les crises

Avec la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, la Suisse oeuvre à l'introduction de règles de conduite pour les entreprises privées de sécurité. Didier Burkhalter a saisi l'occasion pour appeler les Etats qui ne l'ont pas encore fait à soutenir le Document de Montreux qui détaille ces standards.

La stabilité en Europe est une des priorités de la politique extérieure suisse, a encore souligné M. Burkhalter dans son allocution. «Seuls des partenariats forts nous permettent de faire face aux nouvelles menaces», a-t-il ajouté.

C'est pourquoi la Suisse salue les nouveaux modèles de partenariats avec l'OTAN, plus flexibles. Des modèles qui peuvent être appliqués pour mieux prévenir ou surmonter les crises.

La Suisse n'est pas membre de l'Alliance atlantique (OTAN). Mais depuis 1996, elle fait partie des 13 pays du Partenariat pour la Paix (PPP), une structure de coopération souple entre l'OTAN et ses partenaires non-membres, qui peuvent participer au sommet.

Didier Burkhalter compte également accorder une réelle priorité à la coopération entre l'OTAN et l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), dont la Suisse assurera la présidence en 2014. Les deux organisations ont des «réponses complémentaires» à donner pour contrer et anticiper les dangers, par exemple en terme de menaces cybernétiques.

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