Actualisé 24.03.2011 à 23:30

Guerre en libyeL'OTAN prend la direction des opérations

Les pays de l'Otan sont tombés d'accord jeudi soir pour prendre en charge la zone d'exclusion aérienne dans le ciel libyen afin notamment de protéger les civils.

La coalition internationale a accentué jeudi la pression sur le colonel Mouammar Kadhafi, avec de nouvelles frappes aériennes. Les pays de l'OTAN ont eux trouvé un accord pour prendre en main le commandement militaire des opérations «lundi ou mardi».

Des raids aériens ont visé la région de Tajoura (une trentaine de'km à l'est de Tripoli), selon des habitants. La télévision d'Etat a confirmé que «des sites militaires et civils dans la région de Tajoura à Tripoli continuent à être la cible de raids «de l'agresseur croisé et colonialiste».

En soirée, des tirs de la défense anti-aérienne ont retenti jeudi soir à Tripoli, ont constaté des journalistes sur place. Au moins trois explosions au total ont secoué la capitale et sa banlieue-est.

La coalition a également mené dans la nuit de mercredi à jeudi des raids aériens intensifs sur la ville de Sebha (750 km au sud de Tripoli), selon des habitants. Sebha abrite plusieurs sites militaires et est le fief de la tribu des Kadhadfa dont est issu le dirigeant libyen ainsi que des tribus armées qui lui sont jusqu'ici les plus fidèles.

Les rebelles avancent vers Adjabiya

L'aviation française a conduit une attaque contre une «base aérienne» libyenne «à 250 kilomètres au sud des côtes» dans la nuit de mercredi à jeudi, a annoncé l'état-major des armées à Paris.

A Ajdabiya, à 160 km au sud de Benghazi, le fief des rebelles dans l'Est, une forte concentration de troupes rebelles avançaient rapidement pour reprendre le contrôle de cette ville clé, selon un journaliste de l'AFP sur place. Des combats avaient lieu à l'intérieur entre les forces de Mouammar Kadhafi et les rebelles.

Selon un bilan provisoire communiqué par un porte-parole du régime libyen, les raids de la coalition ont fait «environ 100 morts» parmi les civils depuis le début de l'offensive le 19 mars.

De son côté, le chef militaire de la coalition, le général Carter Ham, a dit ne pas «être sûr qu'il n'y ait eu aucune victime civile».

La France veut continuer à frapper

Adjoint du commandant opérationnel de la coalition, le contre- amiral américain Gerard Hueber a affirmé que les avions de la coalition mettent la pression sur les forces au sol de Kadhafi qui «menacent les villes».

Un Rafale français a abattu jeudi un avion de combat des forces de Mouammar Kadhafi qui venait d'atterrir sur la base aérienne de Misrata, a dit le colonel Thierry Burkhard, porte-parole de l'état- major des armées.

La France a affirmé jeudi que la coalition allait «continuer les frappes aériennes» sur des cibles militaires. «Cela va continuer le temps nécessaire», a déclaré son chef de la diplomatie, Alain Juppé.

Les pays de l'OTAN ont ensuite trouvé un accord de principe après des négociations au forceps pour prendre en main le commandement militaire des opérations en Libye.

Une source diplomatique alliée a dit que cette mesure interviendrait «lundi ou mardi», a-t-elle indiqué.

Quelque 280'000 déplacés

L'OTAN est pour le moment chargé de surveiller l'embargo sur les armes à destination de la Libye et a entamé ses patrouilles mercredi au large du pays. De son côté, le Parlement turc a approuvé jeudi le principe de l'envoi de navires de guerre turcs au large de la Libye dans le cadre de l'OTAN, après une demande du gouvernement dans ce sens.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a déploré de son côté que les autorités libyennes n'ait pris aucune mesure pour remplir leurs obligations inscrites dans la résolution adoptée par le Conseil de sécurité, affirmant que les violations des droits de l'Homme continuaient.

L'UA a invité vendredi à Addis Abeba des représentants de Mouammar Kadhafi et de la rébellion pour discuter d'un cessez-le-feu.

La Libye, membre de l'OPEP, souffre par ailleurs d'une pénurie de carburants nécessitant des importations, a annoncé un responsable du secteur énergétique.

L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) estime elle à 800.000 le nombre de ressortissants étrangers se trouvant toujours en Libye, a indiqué jeudi la cheffe de mission de cette organisation à Tripoli, Laurence Hart. Depuis le 20 février, quelque 280.000 personnes ont fui la violence en Libye, selon le Haut commissariat aux réfugiés (HCR). (ats)

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