Actualisé 27.03.2011 à 23:37

Intervention en LibyeL'Otan prend les commandes

L'Otan va prendre le «commandement» des opérations en Libye «immédiatement», a affirmé dimanche le secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen dans un communiqué.

L'Otan a décidé dimanche de prendre le commandement de toutes les opérations militaires en Libye. L'Alliance atlantique avait déjà pris en charge l'embargo sur les armes en Méditerranée et la zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye.

Les insurgés libyens avançaient rapidement dimanche vers l'ouest, en direction de Syrte, la ville natale de Mouammar Kadhafi. Ils ont pu profiter de la débandade des forces du régime, affaiblies par les frappes de la coalition internationale.

L'OTAN a de son côté accepté de prendre «immédiatement» le commandement de toutes les opérations militaires en Libye, a annoncé en soirée dans un communiqué son secrétaire général, Anders Fogh Rasmussen. «Notre objectif est de protéger les civils et les zones peuplées de civils, menacés d'attaques de la part du régime du colonel Kadhafi», a-t-il ajouté.

Syrte, «une boule de feu»

Dimanche matin, les rebelles ont repris le terminal pétrolier de Ras Lanouf (est), selon des journalistes de l'AFP. Ce bourg est situé à 210 km à l'ouest d'Ajdabiya, carrefour stratégique reconquis samedi par la rébellion.

Les pro-Kadhafi «ont pris la fuite, et aujourd'hui nous les poursuivons», a raconté un insurgé, Mohsen Omar, 30 ans. «On ne s'arrête pas avant d'avoir libéré Misrata, et puis Tripoli!». Les insurgés ont ensuite pris la localité de Ben Jawad, à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest de Ras Lanouf.

Les forces pro-Kadhafi se repliaient en direction de Syrte, à 200 km plus à l'ouest, le long d'une côte plate et désertique difficile à défendre sans aviation ni artillerie lourde.

Selon une habitante de Syrte jointe par téléphone, la ville a été pilonnée toute la nuit par des frappes aériennes. «La ville est devenue une boule de feu». La plupart des habitants, terrifiés, ont fui dans le désert. La coalition a aussi mené des raids intensifs sur la route côtière entre Ajdabiya et Syrte.

Dans la ville de Misrata, fief des insurgés situé à 200 km à l'est de Tripoli, les attaques des forces régulières, qui avait cessé samedi avec l'apparition des avions de la coalition, ont repris dimanche, faisant 8 morts et 24 blessés, selon un habitant.

Et dimanche soir, à Tripoli, des tirs de la défense anti-aérienne et des explosions ont retenti, selon des journalistes.

Les champs pétroliers intacts

Samedi, la reprise d'Ajdabiya et du site pétrolier voisin de Brega avaient constitué la première victoire des rebelles depuis le début de l'intervention militaire de la coalition internationale le 19 mars, inversant la tendance après une longue reculade et une semaine de stagnation.

Depuis jeudi, les raids ont «préparé le champ de bataille» et des officiers et soldats ayant rejoint la rébellion ont joué un rôle majeur, coordonnant leurs attaques avec la coalition, a expliqué un porte-parole rebelle à Benghazi, Chamseddine Abdoulmolah.

Alors que les craintes de voir les combats ou des sabotages toucher les infrastructures pétrolières avaient fait grimper les cours du brut, les journalistes de l'AFP n'ont vu aucun signe de dégâts importants sur les terminaux de Brega et de Ras Lanouf.

Selon les rebelles, les champs pétroliers situés dans les régions qu'ils contrôlent produisent actuellement 100'000 à 130'000 barils par jour. L'opposition projette d'exporter du pétrole d'ici «moins d'une semaine», a déclaré un porte-parole rebelle, Ali Tarhoni, ajoutant que la rébellion a délégué au Qatar la commercialisation du brut.

Obama se félicite

A Tripoli, le porte-parole du gouvernement Moussa Ibrahim a déclaré à la presse que le colonel Kadhafi dirigeait en personne ses forces. Mais il a laissé entendre que le Guide libyen se déplaçait peut-être à l'intérieur du pays afin d'entretenir le mystère sur sa localisation.

Accusé de s'être lancé dans un conflit sans stratégie de sortie, le président américain Barack Obama s'est lui réjoui de l'évolution de la situation, déclarant que la mission internationale était «ciblée et en train de réussir».

Le département d'Etat américain a loué les efforts de l'Union africaine pour tenter de trouver une solution négociée à la crise libyenne. Le régime libyen s'est d'ailleurs dit prêt à accepter le plan de l'UA prévoyant la cessation des combats et un dialogue en vue d'une «transition» démocratique. Mais les rebelles l'ont rejeté, exigeant le départ du colonel Kadhafi.

A l'approche de la réunion du groupe de contact mardi à Londres, le président français Nicolas Sarkozy a annoncé une initiative franco-britannique en vue d'une solution politique. L'Italie, ancienne puissance coloniale, a annoncé qu'elle présenterait elle aussi un plan, qui prévoit un exil du colonel Kadhafi. (afp)

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