Actualisé 30.06.2008 à 20:05

L'UA accueille le président Mugabe

Le président zimbabwéen Robert Mugabe a été accueilli lundi à Charm el-Cheikh au 11e sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union africaine (UA).

Et ses pairs africains ont passé outre les appels des Occidentaux à déclarer son régime illégitime.

Le chef de l'Etat zimbabwéen a fait son entrée au milieu des autres présidents africains dans la salle du palais des congrès de la station balnéaire égyptienne où le sommet a ouvert ses travaux qui s'achèveront mardi.

«Les Africains sont capables de décider par eux-mêmes. Nous avons même accueilli Mugabe comme un héros», a déclaré à des journalistes le président gabonais et doyen des chefs d'Etat africains, Omar Bongo Ondimba. «Il a été élu, il a prêté serment, il est là avec nous, alors il est président», a ajouté M. Bongo, avant de critiquer les prises de positions de la communauté internationales.

Occidentaux tancés

«Nous comprenons les attaques mais ce n'est pas comme ça qu'ils auraient dû agir. Ce qu'ils ont fait, c'est un peu trop grossier à notre avis. On aurait pu nous consulter d'abord (...)», a-t-il argumenté, affirmant que l'Afrique «leur répondra par une fin de non-recevoir».

La dénonciation de la réélection de M. Mugabe par les Occidentaux s'est poursuivie lundi pendant le sommet. Le commissaire européen au Développement Louis Michel a dénoncé la «victoire usurpée». Le premier ministre britannique Gordon Brown a appelé l'UA à se prononcer pour le «changement» et la formation d'un «nouveau gouvernement» au Zimbabwe. Et l'Italie a rappelé son ambassadeur au Zimbabwe pour consultations.

De leur côté, les Etats-Unis ont préparé un projet de résolution esquissant des sanctions qu'ils souhaitent voir le Conseil de sécurité imposer au Zimbabwe, notamment un embargo sur les livraisons d'armes et le gel des avoirs de certains ressortissants et entreprises du pays. Des diplomates notent cependant qu'il sera difficile de persuader l'Afrique du Sud et la Russie notamment d'accepter une telle résolution.

Pour une solution négociée

Quelques heures plus tôt, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki- moon avait jugé que le résultat de l'élection «n'avait pas produit un résultat légitime».

M. Ban a toutefois «encouragé les efforts des deux parties» zimbabwéennes «à négocier une solution politique qui arrêterait la violence et l'intimidation» en apportant son soutien «aux efforts» de l'UA et de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) «pour promouvoir un accord acceptable pour le peuple du Zimbabwe».

Dès son ouverture, le sommet de l'UA a d'ailleurs semblé pencher pour une solution négociée entre M. Mugabe et l'opposant Morgan Tsvangirai et non sur une politique de sanctions.

«L'Afrique doit assumer pleinement les responsabilités qui sont les siennes et faire tout ce qui est en son pouvoir pour aider les parties zimbabwéennes à surmonter les défis de l'heure», a lancé à la tribune le président de la Commission de l'UA, Jean Ping.

Pas de position commune

L'Afrique du Sud, dont le président Thabo Mbeki assure une médiation au Zimbabwe, a elle aussi plaidé pour un compromis et appelant à la formation d'un «gouvernement de transition».

L'UA n'est pas parvenue jusqu'à présent à adopter une position commune sur le dossier. Lundi, les observateurs de l'UA au second tour de la présidentielle de vendredi ont estimé que le scrutin n'avait pas été conforme aux «normes» démocratiques de l'organisation.

M. Mugabe a été déclaré vainqueur dimanche de la présidentielle où il était seul en lice après le retrait de M. Tsvangirai, qui avait renoncé à sa participation pour dénoncer les violences du pouvoir contre l'opposition et les conditions du scrutin.

Selon M. Tsvangirai, 200 000 personnes ont été déplacées, 10 000 blessées et 90 membres du parti d'opposition ont été tués depuis la défaite du parti au pouvoir aux élections générales le 29 mars.

(ats)

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