Actualisé 04.02.2009 à 16:04

Conférence de presse mardi prochain

L'UBS annoncera-t-elle une perte de 20 milliards?

Tous les regards seront tournés vers l'UBS mardi prochain, à l'occasion de la publication de ses résultats 2008.

L'opinion publique attend de pied ferme des détails sur les salaires, et les analystes craignent une perte gigantesque.

Le président Peter Kurer devra enfin annoncer combien le numéro un bancaire suisse a perdu l'an dernier. Le quatrième trimestre, lors duquel la crise financière s'est renforcée, pourrait être particulièrement catastrophique.

Les analystes de la Deutsche Bank pensent que l'UBS affichera une perte annuelle de 20 milliards de francs. Chez Vontobel, Teresa Nielsen prévoit même 22,5 milliards dont 10,9 milliards au dernier trimestre. Elle table sur 32,4 milliards de dépréciations.

Du côté de la banque italienne UniCredit, les experts envisagent pour le géant helvétique une perte annuelle de 17,5 milliards de francs, dont 5,9 milliards au quatrième trimestre. La banque d'investissement pourrait à elle seule afficher une perte trimestrielle avant impôts de 9,2 milliards.

Image ruinée

Et pour couronner le tout, le plongeon dans les chiffres rouges ruine la confiance de la clientèle. L'UBS pourrait voir s'envoler de ses fonds sous gestion quelque 177 milliards de francs au titre de l'exercice 2008, selon Teresa Nielsen.

Un volume certes dérisoire comparé au total des fonds sous gestion de la banque, encore supérieur à 2000 milliards de francs. Mais c'est bien plus au niveau de l'image que les dégâts sont énormes.

L'opinion publique s'interroge sur la manière dont une banque peut composer avec des pertes aussi monumentales. «Avec les recapitalisations effectuées et le paquet d'aide ficelé par l'Etat, l'UBS a pris des mesures efficaces pour surmonter ses mauvais résultats annuels», commente Manuel Ammann, spécialiste bancaire de l'Université de St-Gall contacté par l'ATS.

Stratégie attendue

Il est important, surtout, que les dirigeants de la grande banque fassent connaître mardi l'orientation future du groupe, juge le professeur. Un nouveau départ renforcerait la confiance de la clientèle et influencerait aussi positivement le cours de l'action.

Les attentes en matière de stratégie sont particulièrement grandes dès lors qu'il est question de verser des suppléments salariaux aux employés - pour environ 2 milliards de francs selon certains médias. Les contribuables ont soif de réponses au vu du plan de 68 milliards de francs mis sur la table par l'Etat.

L'UBS avait inscrit pour l'exercice 2007 une perte de 4,4 milliards de francs. Après quatre trimestres dans le rouge, le timide retour aux chiffres noirs à fin septembre ne masque pas la situation toujours périlleuse du groupe. La débâcle du subprime lui a déjà coûté quelque 50 milliards de francs de dépréciations.

(ats)

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