L'UBS devrait terminer 2007 dans le rouge
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L'UBS devrait terminer 2007 dans le rouge

L'UBS paie le prix fort dans la crise du subprime. Le numéro un bancaire suisse inscrit 10 milliards de dollars de dépréciations supplémentaires et s'attend à terminer 2007 sur la première perte de son histoire.

Singapour vole à son secours pour renflouer son capital.

L'UBS a révisé les pertes liées aux crédits hypothécaires à risque (subprime) aux Etats-Unis, a expliqué lundi Marcel Ospel, président du conseil d'administration, en conférence téléphonique. Les dépréciations d'actifs de 10 milliards de dollars (11,3 milliards de francs) s'ajoutent aux premières alertes lancées en octobre. Ensemble, elles dépassent les 15 milliards de francs.

Ces charges pourraient faire plonger le résultat 2007 dans le rouge, alors que sur neuf mois il présentait encore un bénéfice net de 7,7 milliards de francs. Le quatrième trimestre affichera quant à lui irrémédiablement une perte.

Singapour investit

Pour se remettre à flots, l'UBS va accroître sa base de capital de 19,4 milliards de francs. Plusieurs mécanismes seront actionnés. Treize milliards de francs seront levés grâce à un emprunt convertible. GIC, société d'investissement gérant les réserves de changes de Singapour, va souscrire 11 milliards de francs. Ce fonds souverain détiendra ainsi jusqu'à 9% de la banque.

Un investisseur du Moyen-Orient, dont le nom reste secret, injectera le reste, soit 2 milliards de francs. L'entrée de ces deux acteurs devra encore être avalisée par les actionnaires lors d'une assemblée générale extraordinaire convoquée à la mi-février.

Leur stratégie est orientée à long terme, a rassuré M. Ospel. Il n'est pas exclu qu'ils obtiennent un siège au conseil d'administration.

Base renforcée

Par cette opération, l'UBS disposera d'une base de capital importante pour ses activités de gestion d'actifs et de fortune, où elle est le numéro un mondial. Elle restera l'une des banques les mieux capitalisées, a précisé M. Ospel.

La banque a réduit ses positions dans le subprime à 29 milliards dollars, a-t-il ajouté. Au troisième trimestre, elle détenait encore 39 milliards.

L'UBS va aussi mobiliser 2 milliards de francs en revendant 36,4 millions d'actions propres destinées initialement à être annulées. Ses actionnaires vont également subir les effets de la crise du subprime en renonçant à un dividende en numéraire pour 2007 au profit d'un dividende en actions.

Outre les 1500 suppressions d'emplois déjà annoncées dans la banque d'investissement, aucune autre mesure du genre n'est prévue, a précisé M. Ospel. Le président du conseil ne ressent pour sa part aucune pression pour démissionner, alors que dans les autres grandes banques touchées par la crise des têtes sont déjà tombées. Il renoncera toutefois à son bonus cette année, a-t-il dit.

Action en hausse

Malgré l'ampleur des dépréciations, le marché a été rassuré par la recapitalisation. Après une ouverture à la baisse, le titre UBS s'est relevé en cours de matinée. A la clôture, il affichait une progression de 1,4% à 58 francs.

Le montage financier «devrait satisfaire le marché», a expliqué à l'ATS Roland Duss, chef économiste de la Banque Gonet & Cie. L'internationalisation accrue de la banque grâce à ses nouveaux investisseurs est une «bonne chose». L'UBS sortira renforcée au 31 décembre, avec un bilan fort, après une remise à plat, a estimé Jérôme Schupp, responsable de recherches à la Banque Syz & Co.

Le Credit Suisse semble pour l'heure mieux encaisser la crise. Le numéro deux bancaire helvétique a dégagé un bénéfice net en baisse de 31% à 1,3 milliard de francs au 3e trimestre, mais sur neuf mois, son résultat affiche un record de 7,22 milliards. A la Bourse suisse, l'action Credit Suisse s'échangeait en hausse de 2,4% à 71,50 francs. Au même moment, le SMI gagnait 0,55%. (ats)

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