Sauvetage de l'UBS: L'UBS garde la haute main sur la politique salariale
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Sauvetage de l'UBSL'UBS garde la haute main sur la politique salariale

Compétitivité oblige, l'UBS doit pouvoir conduire librement sa politique salariale. Le Conseil des Etats ne veut pas d'un interventionnisme accru de la Confédération dans le système salarial, malgré l'aide apportée à la banque. Un plafonnement des salaires sur le modèle des entreprises de la Confédération n'a pas passé la rampe.

En mars dernier, le Conseil national avait pleinement soutenu une motion de sa commission de l'économie visant à réduire les risques pour la place financière suisse. L'une des propositions fortes est d'obliger UBS à mettre en place un plafonnement des salaires sur le modèle de La Poste, Swisscom ou la Banque nationale, tant qu'elle bénéficie de l'aide de la Confédération. La séparation des activités bancaires en Suisse de celles menées à l'étranger, le versement des bonus sur un compte bloqué payable après trois ans ou l'octroi à la Confédération d'un siège au conseil d'administration d'UBS figurent parmi les autres exigences de la motion.

Le Conseil des Etats a approuvé mardi une version fortement allégée, qui laisse une grande autonomie à la banque. Par 23 voix contre 18, la Chambre des cantons a décidé simplement d'octroyer au Département fédéral des finances un droit de surveillance du système salarial adopté. Pour Eugen David (PDC/SG), l'Etat doit avoir un droit de regard, mais ne peut pas endosser la responsabilité opérationnelle et déterminer qui doit obtenir quel salaire.

Werner Luginbühl (PBD/BE) a demandé en vain de ne pas juste en rester au statu quo avec un système salarial «insensé». Ce sont les cadres supérieurs, grassement rémunérés, qui ont conduit la banque au bord du gouffre, nécessitant l'intervention de l'Etat. Le droit à un siège au conseil d'administration a été balayé, comme l'idée d'imposer la séparation des activités bancaires. Pas question non plus de plafonner les salaires et les bonus, comme le souhaitait la gauche. Le plénum a suivi la recommandation du président de la Confédération Hans-Rudolf Merz:» nous devons veiller à garantir la compétitivité». Il appartiendra au Conseil national de se pencher à nouveau sur ce dossier.

La Chambre haute a aussi rejeté une proposition d'Anita Fetz (PS/BL) demandant de préparer une série de mesures concernant les rémunérations au sein des entreprises bénéficiant d'un soutien extraordinaire de l'Etat. Le texte demandait d'interdire à toute entreprise dans ce cas de verser des parts de salaire variables en plus du 13e salaire. Il a été rejeté par 26 voix contre 14. (ats)

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