Actualisé 01.04.2008 à 16:43

L'UBS s'enfonce dans la crise, Ospel jette l'éponge

Mise sous forte pression par la crise des «subprime» aux Etats-Unis, l'UBS a besoin d'oxygène. La première banque de Suisse prévoit une perte nette de 12 milliards de francs au 1er trimestre et doit procéder à une nouvelle augmentation de capital.

Le président du conseil d'administration Marcel Ospel quitte ses fonctions et sera remplacé par Peter Kurer. La Bourse suisse a réagi positivement.

«En prenant ces mesures, nous avons jeté les bases qui nous aideront à surmonter l'une des périodes les plus difficiles de l'histoire du secteur bancaire», a déclaré mardi le patron d'UBS Marcel Rohner.

Au cours du premier trimestre 2008, UBS a dû procéder à des dépréciations de 19 milliards de dollars sur des positions liées au secteur immobilier américain. La première banque suisse a ainsi déjà englouti quelque 40 milliards de francs dans la crise des «subprime». Aucune autre banque n'a dû amortir autant.

Les actifs en rapport avec le marché immobilier américain seront désormais séparés et gérés par une unité distincte. «Nous voulons continuer à réduire fortement nos expositions à ce marché», a précisé Marcel Rohner. «Mais nous ne sommes pas prêts à vendre ces actifs à n'importe quel prix».

Sur le trimestre, l'exposition d'UBS aux positions en rapport avec le marché hypothécaire «subprime» résidentiel américain a passé de 27,6 milliards de dollars à 15 milliards. L'exposition aux positions Alt-A, catégorie de prêts intermédiaire entre le «subprime», à risque, et le «prime», peu risqué, a reculé de 26,6 milliards de dollars à quelque 16 milliards.

Après l'injection de capital de 13 milliards de francs en février dernier par un fonds étatique de Singapour et un investisseur du Moyen-Orient, l'UBS a de nouveau besoin d'une recapitalisation. Le conseil d'administration demande aux actionnaires de procéder à une augmentation de 15 milliards de francs. Elle a été entièrement souscrite par les grandes banques JP Morgan, Morgan Stanley, BNP Paribas et Goldman Sachs.

Contrairement à ce qui était encore prévu en février, le président du conseil d'administration Marcel Ospel rend son tablier. Agé de 58 ans, il ne se représentera pas lors de l'assemblée générale du 23 avril prochain. C'est Peter Kurer, juriste en chef de l'UBS, qui prendra sa succession. Lors d'une conférence téléphonique, Marcel Ospel a expliqué avoir pris sa décision définitive lundi soir. Sous pression ces neuf derniers mois, il affirme cependant avoir pris seul la décision de se retirer, après avoir conduit les mesures de redressement nécessaires. Marcel Ospel estime avoir apporté la contribution requise et se déclare confiant quant aux perspectives d'UBS.

Str:Stratégie confirmée

Selon Marcel Rohner, l'augmentation de capital et la séparation des actifs problématiques du reste des activités vont permettre à la banque de renouer avec la création durable de valeur. Les conditions du marché restent toutefois difficiles. La maîtrise des coûts et l'amélioration de l'efficacité opérationnelle seront parmi les principaux objectifs des prochains trimestres.

L'UBS confirme sa stratégie consistant à opérer comme un seul établissement, dans le monde entier, dans la gestion de fortune, la gestion d'actifs et les activités de banque d'affaires. Le conseil d'administration exige cependant une révision et une renforcement de la maîtrise des risques. Selon l'UBS, les bénéfices de la plupart des activités au 1er trimestre sont «restés acceptables».

La Bourse suisse a réagi positivement. L'action UBS a gagné en cours de journée jusqu'à 13,8%. A la clôture, elle s'affichait en hausse de 12,3% à 32,40 francs. (ap)

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