Journée des investisseurs: L'UBS se fixe des objectifs ambitieux
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Journée des investisseursL'UBS se fixe des objectifs ambitieux

Bien que dans le rouge, l'UBS se montre ambitieuse sur ses objectifs à moyen et à long terme.

La grande banque vise un bénéfice annuel avant impôt de près de 15 milliards de francs dans les trois à cinq ans à venir, soit le niveau record d'avant la crise.

Grâce à la restructuration en cours, l'UBS ambitionne à moyen terme un rendement de fonds propres de 15 à 20%, alors qu'il est négatif actuellement, a-t-elle indiqué lors de la journée des investisseurs qui s'est tenue mardi à Zurich. Le ratio coûts/revenus devrait pour sa part atteindre 65 à 70%.

Pour rappel, au troisième trimestre, le numéro un bancaire suisse a réduit sa perte nette à 564 millions de francs contre 1,4 milliard trois mois plus tôt. L'an dernier, il inscrivait près de 21 milliards de pertes, soit le plus grand déficit jamais enregistré par une entreprise helvétique.

La transformation entreprise est fondamentale et douloureuse, a déclaré Oswald Grübel, patron de l'UBS, devant les investisseurs. Mais elle ne se fera pas en quelques trimestres. Bien que la banque se soit stabilisée et qu'elle se trouve sur la bonne voie, il reste du chemin à faire.

Dans l'attente d'argent frais

A la tête de l'UBS depuis février, après avoir tenu les rênes du Credit Suisse, M. Grübel est certain de regagner une partie des fonds de clientèle qui ont déserté la banque. «L'expérience montre que les clients replacent leur argent deux ans après que la situation redevient équilibrée», a-t-il estimé.

En prenant, comme lui, le milieu de 2008 comme point de départ, un nouvel afflux de fonds est à prévoir dès la mi-2010. Mais l'arrive de nouveaux fonds ne compensera pas immédiatement les sorties massives de capitaux enregistrées depuis le début de la crise, a relevé M. Grübel. La situation s'inversera lorsque la banque «passera de la stabilité financière à la réussite financière».

De juillet à septembre, les sorties nettes de fonds se sont montées à 36,7 milliards de francs, contre 39,5 milliards lors du trimestre précédent.

Pour accroître la masse sous gestion, l'UBS engagera de nouveaux conseillers, en particulier 50 personnes de plus dans le secteur des clients fortunés. En Europe, en revanche, les conseillers seront moins nombreux. Leur nombre va diminuer à 2000 contre 2100 au 3e trimestre. En Suisse, il passera à 910 contre 940. A fin septembre, l'UBS comptait 69'000 emplois au total.

Bénéfice dans toutes les divisions

A moyen terme, UBS vise une croissance de 5% des entrées de fonds dans la gestion de fortune et un bénéfice avant impôt de 4,6 milliards de francs pour cette division. La gestion d'actifs devrait pour sa part enregistrer un afflux net d'argent frais dès l'an prochain - après deux ans et demi de reflux - et atteindre un bénéfice avant impôt de 1,3 milliard dans les 3 à cinq ans.

La division Swiss Bank pourrait réaliser un bénéfice avant impôts de 1,9 milliard d'ici là. La banque d'affaires, qui a plongé UBS dans la crise après avoir dû inscrire d'énormes dépréciations, se donne pour objectif un bénéfice avant impôt de 6 milliards.

Pas de dividendes

La banque a aussi pointé du doigt les autorités de régulation. Les investisseurs vont devoir patienter avant de recevoir des dividendes, selon elle. Les changements envisagés par les autorités en matière de fonds propres pourraient entraîner une politique restrictive durant quelques temps, a-t-elle relevé.

Les annonces de l'UBS, destinées à convaincre les investisseurs et à leur redonner confiance en la banque, ont fait réagir l'action à la Bourse suisse. Celle-ci s'est maintenue à la hausse durant toute la première partie de la journée, atteignant un plus haut à 17,86 francs. En milieu d'après-midi, le titre perdait toutefois 1,2% à 17,27 francs.

Au même moment, l'indice boursier SMI se repliait de 0,49% tandis que l'action du Credit Suisse reculait de 1,3% à 56,85 francs.

Les analystes ont tous relevé les hautes ambitions du groupe. La mise en oeuvre de la stratégie ne fait toutefois pas tout, souligne la Banque cantonale de Zurich (BCZ). L'évolution des marchés reste capitale.

Pour la banque Wegelin, il faut avant tout endiguer les reflux d'argent et la fuite des cerveaux. Les chiffres présentés lors de la journée des investisseurs devraient y contribuer, écrit-elle. (ats)

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