Crise financière: L'UBS se réunit jeudi pour refondre son conseil administratif

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Crise financièreL'UBS se réunit jeudi pour refondre son conseil administratif

L'UBS tient jeudi à Bâle une assemblée générale extraordinaire pour élire quatre nouveaux administrateurs.

Figurant parmi les banques les plus touchées par la crise du «subprime» aux Etats-Unis, le numéro un bancaire suisse rencontre ses actionnaires en pleine tempête sur les marchés. La Chambre des représentants vient en effet de refuser, provisoirement du moins, le plan de sauvetage du secteur initié par l'administration Bush.

Discrète ces derniers temps, alors que son action subit toujours un yo-yo boursier, l'UBS devrait franchir une nouvelle étape dans le cadre de son assainissement. A savoir l'élection de quatre nouveaux administrateurs dans le but de renforcer les compétences de son organe de surveillance, largement décriées jusqu'au printemps.

Méfiance des clients

La politique de son nouveau président Peter Kurer, qui a succédé à Marcel Ospel en avril, suscite des jugements plutôt favorables. Mais les incertitudes demeurent, surtout que l'UBS apparaît encore très exposée à la débâcle du marché immobilier américain, qui lui a déjà coûté des dépréciations de plus de 45 milliards de francs.

De plus, la contagion s'étend avec la faillite ou la nationalisation de certains fleurons, y compris en Europe désormais, réanimant plus que jamais la méfiance des clients. Dans ce contexte, l'UBS doit affronter depuis plusieurs mois des vagues de retraits d'argent, au gré de l'évolution de la crise.

Peter Kurer a fait connaître il y a six semaines un paquet de mesures susceptible de restaurer un semblant de confiance. Il a notamment sonné le glas du modèle de banque intégrée (affaires, gestion de fortune, détail) qui avait fait la renommée de l'établissement qui a fêté ses dix ans d'existence il y a peu.

Pas de cession

Le nouveau président a également annoncé un repositionnement, avec une scission en trois unités autonomes, dotées d'un pouvoir et d'une responsabilité accrus. La mesure doit donner à l'UBS davantage de souplesse afin de sortir des difficultés.

Le président de l'UBS a néanmoins écarté pour l'heure des cessions d'activités, alors que certains évoquent toujours une vente de la banque d'affaires. Des collaborations, coentreprises ou autres partenariats ne sont en revanche pas exclus.

L'assemblée générale, convoquée de manière extraordinaire pour la deuxième fois cette année, après février pour une première recapitalisation, aura à élire quatre nouveaux membres du conseil d'administration. Parmi eux, Bruno Gehrig, ancien président de la Banque nationale suisse, est censé apporter son savoir-faire.

Gehrig le communicateur

Le choix de ce professeur st-gallois avait été unanimement salué en août. Ex-président de Swiss Life, qu'il a contribué à redresser, Bruno Gehrig passe pour être un excellent communicateur et affiche une longue pratique du secteur bancaire, qui lui assure une large connaissance des marchés financiers.

Les actionnaires se verront aussi proposer l'Américaine Sally Bott, membre de la direction du groupe pétrolier britannique BP, Rainer-Marc Frey, fondateur et président de la société spécialisée dans les firmes non cotées Horizon21, et l'Américain William Parett, patron jusqu'en 2007 de la société Deloitte Touche Tohmatsu.

Le marché s'attend par ailleurs à ce que l'UBS publie des chiffres provisoires pour le troisième trimestre en lever de rideau de l'assemblée générale. Selon certains analystes, la banque pourrait faire état de nouveaux correctifs de valeurs (jusqu'à 3 milliards) et d'une perte de l'ordre du demi-milliard de francs.

Au deuxième trimestre 2008, l'UBS a essuyé une perte nette de 358 millions de francs, contre un bénéfice net record de 5,6 milliards au terme de la même période de l'an passé. Le premier semestre a quant à lui bouclé dans le rouge à hauteur de 11,9 milliards, après un bénéfice de 8,6 milliards à fin juin 2007. (ats)

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