Actualisé 25.01.2013 à 17:33

DopageL'UCI fait de la rétention d'information

L'Union cycliste internationale (UCI) n'a pas encore fourni le moindre document à la commission d'enquête mise sur pied pour enquêter sur les accusations portées à son encontre.

L'affaire Armstrong a obligé l'UCI à se remettre en question.

L'affaire Armstrong a obligé l'UCI à se remettre en question.

«Je suis ahurie que nous n'ayons encore aucun document que ce soit», a déclaré vendredi, lors d'une première audition à Londres, la multiple championne paralympique Tanni Grey-Thompson, l'une des trois membres de cette commission.

Le représentant de l'UCI, Ian Mill, auquel elle s'adressait, a en outre dit que les auditions prévues du 9 au 26 avril prochains devraient être repoussées.

La première audition devait permettre, vendredi, de décider de la procédure et du calendrier des travaux de cette commission chargée de déterminer si, comme le laisse le rapport de l'Agence américaine antidopage ayant permis de confondre Lance Armstrong, l'UCI a couvert l'Américain lors d'un contrôle positif.

On cache des choses

Mill a assuré qu'il n'y avait «aucune volonté de supprimer ou de dissimuler quelque document» et que 16 dossiers étaient à disposition, mais a dit douter que la commission en ait besoin, surtout si une commission «Vérité et Réconciliation» voit le jour.

L'UCI a fait savoir vendredi dans un communiqué qu'elle souhaitait constituer, «en association avec l'Agence mondiale antidopage, une commission 'Vérité et Réconciliation' afin d'étudier le problème du dopage au sein du cyclisme professionnel.»

Lors des échanges de plus en plus tendus entre Mill et les trois membres de la commission d'enquête, il est apparu de façon claire que les travaux durerait au moins deux ans - si la commission ne disparaît pas purement et simplement.

Selon Mill, les auditions complètes ne pourront en tous les cas pas être organisées en avril et le rapport de la commission ne sera pas prêt d'ici fin juin comme prévu.

«Nous n'essayons pas de tuer cette enquête, nous vous avons installés», a-t-il répondu à l'ancien magistrat Philip Otton, président de la commission, qui lui faisait part de ses inquiétudes quant au risque que l'affaire soit enterrée.

Avenir incertain

Après une interruption de 45 minutes, Otton a fait savoir que l'UCI avait accepté de transmettre sa documentation et que l'audience était ajournée «à grands regrets». La procédure sera définie la semaine prochaine.

«A cette occasion, nous verrons si le calendrier de la commission est maintenu ou non», a-t-il ajouté.

La commission est chargée d'enquêter sur un présumé soutien de l'UCI à Lance Armstrong, qu'elle aurait, selon le rapport de l'Usada, couvert lors d'un contrôle positif en 2001 contre rémunération.

L'UCI a admis avoir reçu 100'000 dollars de l'Américain en 2002 mais nie toute dissimulation d'un contrôle. (ats)

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