Conseil fédéral: L'UDC a donné l'image «d'un poulet sans tête»
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Conseil fédéralL'UDC a donné l'image «d'un poulet sans tête»

Le statu quo à l'élection du Conseil fédéral mercredi à Berne révèle paradoxalement une nouvelle donne où l'UDC fait figure de grande perdante, analyse jeudi la presse suisse. Tour d'horizon.

«C'est le paradoxe de la démocratie suisse. Le statu quo est un changement», constate l'éditorialiste du «Temps». La défaite de l'UDC, «on s'y attendait, après les innombrables sottises commises par la direction» de ce parti «incapable de présenter des candidats incontestés». L'UDC a donné l'image «d'un poulet sans tête» lançant Jean-François Rime «dans un combat pathétique et perdu d'avance».

«La Tribune de Genève» abonde dans ce sens. Le quotidien genevois parle d'un «changement spectaculaire» entériné «dans un contexte politique bouleversé». «En validant cette configuration exotique où le plus grand des partis et le minuscule PBD pèsent d'un même poids au gouvernement, les parlementaires ont brisé les lois élémentaires de l'équilibre».

Situation qui n'est pas perçue comme problématique par le «Quotidien Jurassien»: «Pour résoudre les multiples équations à multiples inconnues qui l'attendent, l'exécutif a d'avantage besoin de cohérence et de stabilité que de concordance arithmétique», observe-t-il, se félicitant du statu quo.

«Tout ça pour ça!», titre «Le Matin» sur sa première page. Son éditorialiste compare l'agitation autour de cette élection à un «remue-ménage peu glorieux et si peu transparent». Et de suggérer aux politiciens de réfléchir «très sérieusement» sur le mode d'élection du gouvernement.

Pour le quotidien vaudois «24 heures», l'UDC paie au prix fort ses «récents errements». Le journal constate que «sous le couvert d'une journée sans surprise (...) la concordance arithmétique est morte.»

Echec prévisible

Pour la presse helvétique dans son ensemble, l'échec de l'UDC était prévisible: «Ce parti n'a en fait réussi qu'à se mettre à dos tous ses partenaires potentiels avec ses candidatures bricolées au lendemain de sa défaite électorale du 23 octobre», constatent l'»Express» et l'»Impartial» dans leur éditorial commun.

«Dans son désespoir», l'UDC est même allée jusqu'à donner «le coup de pied de l'âne aux libéraux-radicaux, ultimes et frêles alliés», relève quant à lui le «Quotidien Jurassien». En Valais, «Le Nouvelliste» souligne que l'UDC a «réussi l'exploit de se faire marginaliser et gifler, alors même que personne ne contestait véritablement (son) choix à un deuxième siège» au gouvernement.

Rapports de force

Le refus d'accorder un second siège à l'UDC «aura des conséquences concrètes, en particulier dans le jeu des alliances au sein de la droite», les radicaux ayant été blessés par la tactique cavalière du parti agrarien, augure «Le Temps». Et «l'émiettement du centre rendra plus difficile l'établissement de majorité claires au parlement», avertit le quotidien.

Côté alémanique, la «Neue Zürcher Zeitung» affiche ses craintes, soulignant l'imprudence d'une représentation asymétrique des rapports de force au sein du gouvernement «parce que fondamentalement deux sièges reviennent à l'UDC».

La nouvelle configuration est «risquée», selon le quotidien zurichois. Un avis partagé par une grande partie de la presse outre- Sarine, qui estime que l'UDC est dans son bon droit.

Berset, un «bon élève»

L'élection du socialiste fribourgeois Alain Berset passe au second plan dans la plupart des journaux de jeudi. Ceux-ci reconnaissent en lui un homme «sobre» à la carrière «exemplaire», tout en rendant hommage aux compétences de son colisitier vaudois Pierre-Yves Maillard.

Le quotidien fribourgeois «La Liberté» met en valeur Alain Berset sur sa première page. Une fois élu, «il paraissait déjà chez lui» au Conseil fédéral «comme si, pour le conseiller aux Etats fribourgeois, devenir ministre relevait de l'évidence.» (ats)

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