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Stratégie énergétiqueL'UDC bien empruntée pour lancer un référendum

Le parti aimerait monter au front contre la stratégie énergétique 2050 approuvée par le Parlement. Le hic: sa base, notamment les paysans, sont pour le tournant énergétique.

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cht/nxp
Que vont décider les ténors de l'UDC? Réponse ce vendredi 7 octobre.

Que vont décider les ténors de l'UDC? Réponse ce vendredi 7 octobre.

photo: Keystone

Le Parlement a approuvé lors de sa session d'automne la stratégie énergétique 2050 concoctée par Doris Leuthard. Un dossier gigantesque qui n'a pas eu l'heur de plaire à l'UDC puisque son président Albert Rösti l'a même qualifié de «pompe à fric où tout le monde se sert.» Du coup, le parti a brandi la menace d'un référendum. Il dira demain vendredi 7 octobre, dans une conférence de presse annoncée ce jeudi, ce qu'il a décidé.

Mais d'ores et déjà l'UDC est bien empruntée dans ce dossier. Non seulement elle n'est pas suivie politiquement à droite puisque la majorité du PLR a donné son feu vert à la stratégie énergétique; mais encore son électorat de base, les paysans, pourrait aussi la lâcher.

La preuve: aux Chambres, sur la dizaine d'élus UDC venant du monde agricole, la moitié a voté contre la direction du parti. Et la fronde est surtout romande puisque ce sont les Vaudois Jean-Pierre Grin et Alice Glauser ainsi que le Fribourgeois Pierre-André Page qui ont dit oui à la réforme, ainsi que deux Alémaniques. Deux autres UDC se sont abstenus et seuls trois d'entre eux ont dit non au tournant énergétique, relève le Blick jeudi sur son site internet.

Juteuses subventions à la clé

Le Blick le rappelle: si les paysans sont favorables à la stratégie énergétique, ce n'est pas par simple idéologie. L'aspect financier entre largement en ligne de compte. En effet, les agriculteurs pourront bénéficier de lucratives subventions en fournissant des énergies renouvelables, notamment via les toits des exploitations qui produiront de l'énergie photovoltaïque.

Pire encore pour l'UDC: outre le veto de certains parlementaires contre sa position dans le dossier de la stratégie énergétique, une 2e fronde s'est ouverte, celle-là sur la votation du 27 novembre 2016 sur l'initiative des Verts pour sortir du nucléaire. En effet, le président du grand Conseil neuchâtelois l'UDC Xavier Challandes est l'un des fers de lance en faveur du texte.

Anti-nucléaires aussi

Mais plusieurs parlementaires UDC sont aussi favorables à la sortie du nucléaire, à l'image de la Vaudoise Alice Glauser. Ou encore du Bernois Erich von Siebenthal. «La principale raison est que l'on n'a toujours pas résolu la question des déchets nucéaires», explique celui-ci dans le Blick. Du coup, la stratégie énergétique prend tout son sens, selon lui.

Du coup, l'UDC va-t-elle lancer un référendum sachant que ses rangs sont divisés sur la question des énergies renouvelables et du nucléaire et qu'elle sera amenée à se battre contre sa base? Le président du parti Albert Rösti affirme que cela n'aura aucune incidence. «Nous devrons simplement montrer que si les paysans sont bénéficiaires à court terme grâce aux subventions dans l'énergie solaire, ils devront payer bien plus à long terme.»

Mais la décision semble très incertaine. En effet, l'UDC ne va pas partir seule au combat et risquer ainsi de perdre une nouvelle votation. D'autant que si la droite et ses propres rangs sont divisés, le monde économie l'est également, à l'image de l'Union suisse des arts et métiers (USAM) et d'Economisuisse. Les deux ont d'ores et déjà annoncé qu'elles ne soutiendraient pas le référendum, le paquet ficelé par le Parlement étant équilibré à leurs yeux.

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