Suisse: L'UDC colle aux étrangers des crimes pas élucidés
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SuisseL'UDC colle aux étrangers des crimes pas élucidés

Le parti agrarien a publié mardi une vidéo dans laquelle il invente des coupables à des agressions parues dans les médias.

par
David Maccabez

Des articles du «Nouvelliste» et de «20 minutes» apparaissent dans la vidéo.

A quelques semaines de la votation sur le renvoi des criminels, le premier parti de Suisse ne relâche pas la pression. Dans une vidéo publiée sur Facebook, il rappelle que 61% des violeurs sont étrangers et incite à voter «oui». Un chiffre correct, mais à préciser. Selon l'Office fédéral de la statistique, cette proportion correspond aux auteurs enregistrés par la police en 2014, pas aux condamnations.

Pour illustrer son propos, l'UDC s'appuie sur des faits divers qui ont fait l'actualité outre-Sarine. Problème: dans trois des quatre exemples, les auteurs courent toujours. Et rien n'indique qu'ils soient étrangers. Seule certitude, ils ne parlent pas bien allemand et/ou ont la peau mate.

Pas de doute possible?

Le cas de la cycliste violée à Emmen (LU) en juillet dernier, paraplégique depuis son agression, est notamment cité. «Il est vrai qu'on ne sait pas si l'auteur est étranger, mais on ne sait pas non plus s'il est suisse», argumente Silvia Bär, secrétaire générale adjointe de l'UDC Suisse. Un indice lève le doute, selon elle: «L'ADN d'un agresseur marocain à Uster (ZH) début janvier a été comparé avec celui retrouvé dans cette affaire. Même si le test s'est avéré négatif, la police n'aurait pas demandé cet examen si elle ne recherchait pas un étranger», conclut-elle.

Impossible donc pour le parti d'envisager qu'il s'agisse d'un Romand naturalisé, donc non-expulsable selon son initiative soumise au peuple le 28 février prochain. Si la norme antiraciste ne semble pas violée, l'amalgame, lui n'est pas très loin...

«Tactique classique»

«Les sondages sont serrés. On peut s'attendre à d'autres coups du genre, analyse Pascal Sciarini, politologue à l'Université de Genève. Cela sera chaud jusqu'à la fin. J'ai presque envie de dire que tous les coups sont permis.» Et si l'UDC a fait des messages chocs sa marque de fabrique, «elle repousse toujours plus les limites de l'acceptable. De nos jours, les moutons noirs ne font plus réagir. A l'époque, ils avaient fait grand bruit».

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