«Racaille d'Annemasse»: L'UDC condamnée pour racisme

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«Racaille d'Annemasse»L'UDC condamnée pour racisme

Le Conseil municipal d'Annemasse s'est saisi, jeudi, du dossier de l'encart électoral de l'UDC genevoise qui assimilait les habitants de la ville frontalière à de la racaille. Une motion condamnant le parti politique pour racisme et xénophobie a été votée à l'unanimité.

par
tpi

Gauche et droite annemassiennes ont voté à l'unisson jeudi soir, comme le relate aujourd'hui Le Dauphiné libéré. Les élus du Conseil municipal devaient débattre de la publicité de la section genevoise de l'UDC, parue début octobre dans les colonnes de la Tribune de Genève, et sur laquelle on pouvait lire: «CEVA, un nouveau moyen de transport pour la racaille d'Annemasse!»

Au début de la séance, les municipaux de droite, minoritaires, ont refusé de se prononcer sur la motion. Mais ils se sont ralliés à la majorité au fil du débat. Un texte condamnant l'UDC genevoise pour racisme et xénophobie a finalement été voté à l'unanimité. En revanche, ces mêmes élus de droite ne se sont pas prononcés sur la délibération autorisant le maire de la ville à déposer plainte contre l'UDC devant la justice.

Un vote symbolique

Pascal Rytz, avocat aux barreaux de Genève et Vaud, explique que la prise de position des municipaux annemassiens n'aura aucune portée sur le plan juridique. En revanche, il précise qu'«en tant que collectivité publique, Annemasse se doit de réunir les voix de ses élus avant de se lancer dans une action judiciaire».

La motion adoptée jeudi soir sonne donc comme un rassemblement des troupes du côté français, avant qu'une plainte ne soit déposée auprès du ministère public du canton de Genève. L'UDC pourrait alors avoir à répondre d'une infraction à l'article 261 bis du code pénal suisse, soit incitation à la haine ou à la discrimination raciale, ethnique ou religieuse.

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