Genève: L'UDC craint plus le Grand Genève que les migrants
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GenèveL'UDC craint plus le Grand Genève que les migrants

Les assises du parti agrarien ont débouché sur un résultat étonnant: le développement de l'agglomération préoccupe beaucoup ses militants.

par
Jérôme Faas
Eric Bertinat, est conseiller municipal UDC en Ville de Genève.

Eric Bertinat, est conseiller municipal UDC en Ville de Genève.

Keystone/Martial Trezzini

Les migrants? La préférence cantonale? Non, c'est le développement du Grand Genève qui préoccupe le plus la base de l'UDC. Celle-ci a été consultée lundi soir, lors des assises du parti agrarien genevois. Les trois thèmes ont été présentés à l'assemblée. Le but était de déterminer lequel serait porté par une initiative et structurerait les trois prochaines années électorales. (canton en 2018, Conseil national en 2019, communes en 2020). A la surprise de la direction du parti, c'est le thème du plan directeur cantonal, soit celui du Grand Genève, qui a été retenu.

La problématique, présentée par le conseiller municipal Eric Bertinat, s'est imposée devant celles défendues par les conseillers nationaux Céline Amaudruz et Yves Nidegger, respectivement intitulées «Migrants: les communes se défendent» et «Genève d'abord».

«Veut-on 100'000 habitants de plus?»

«Eric Bertinat a bien su englober les deux autres thématiques dans la sienne, explique Marc Fuhrmann, le président du parti. Et ici, nous ne sommes pas au Tessin. Même pour l'UDC, il y a une autre sensibilité. La question était: veut-on 100'000 habitants de plus? Or, beaucoup n'en veulent pas. Ils se demandent comment contenir le développement du Grand Genève, conserver une qualité de vie, des espaces verts, éviter la surdensification.»

Un slogan: «Maîtrisons notre avenir»

Convaincu de l'importance du sujet, Eric Bertinat rapporte avoir construit son plaidoyer sur un slogan: «maîtrisons notre avenir». Il développe. «D'ici 2030, le plan directeur cantonal prévoit 300'000 habitants supplémentaires dans l'agglomération franco-valdo-genevoise, 150'000 à Genève (ndlr: en réalité, 100'000), le même nombre à l'extérieur. Donc, on va construire entre 35'000 et 42'000 logements, 4000 par an! Pour moi, c'est inacceptable. Genève est saturé en termes de mobilité, d'infrastructures, de dette. Ça devient totalement délirant, avec pour seule ligne de ne pas maîtriser l'immigration.»

Le conseiller municipal, qui parle d'un «tissu de population totalement hors sol» et de «surchauffe perpétuelle», juge que le plan directeur cantonal «noue la gerbe» de toutes ces problématiques.

Un objet difficile à attaquer

Le hic, c'est qu'autant il aurait été relativement aisé de lancer des initiatives sur les migrants ou la préférence cantonale, autant le plan directeur offre peu de prises politiques. «On ne peut pas l'attaquer par référendum, par exemple», illustre Marc Fuhrmann. Eric Bertinat l'observe également, notant que le Parlement a été saisi de l'objet par la voie d'une résolution. «On est donc en train de regarder avec des juristes s'il ne serait pas possible de forcer le Conseil d'Etat à présenter ce plan directeur sous forme de projet de loi», de manière à pouvoir mieux le contrôler.

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