Actualisé 21.03.2017 à 11:09

Canton du ValaisL'UDC crie au complot contre Oskar Freysinger

Pour les militants, Pascal Couchepin et Christophe Darbellay se cachent derrière l'échec d'Oskar Freysinger.

de
Pascal Schmuck, Zurich
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Le Grand Conseil valaisan a refusé la motion UDC visant à repousser la validation du nouveau gouvernement. Celui-ci a pu prêté serment. (Lundi 27 mars 2017)

Le Grand Conseil valaisan a refusé la motion UDC visant à repousser la validation du nouveau gouvernement. Celui-ci a pu prêté serment. (Lundi 27 mars 2017)

Keystone
L'UDC du Valais a déposé une motion au Grand Conseil et demande l'ajournement de l'assermentation des membres du Conseil d'Etat. (Lundi 27 mars 2017)

L'UDC du Valais a déposé une motion au Grand Conseil et demande l'ajournement de l'assermentation des membres du Conseil d'Etat. (Lundi 27 mars 2017)

Keystone/archive/photo d'illustration
Jerome Desmeules, co-president de l'UDC Valais Romand, a annoncé qu'il allait faire recours contre les résultats du deuxième tour de l'élection au conseil d'Etat valaisan. En cause la fraude électorale dénoncée par trois villes haut-valaisannes. (Vendredi 24 mars 2017)

Jerome Desmeules, co-president de l'UDC Valais Romand, a annoncé qu'il allait faire recours contre les résultats du deuxième tour de l'élection au conseil d'Etat valaisan. En cause la fraude électorale dénoncée par trois villes haut-valaisannes. (Vendredi 24 mars 2017)

Keystone

L'échec d'Oskar Freysinger dans les urnes valaisannes résonne encore douloureusement à l'UDC. Qui y voit désormais le résultat d'un complot mené contre son champion, raconte le Tages-Anzeiger dans son édition du 21 mars.

Pour de nombreuses personnalités au sein du parti, Oskar Freysinger a été pris pour cible et la campagne qui a visé l'ancien Conseiller d'Etat a été orchestrée par deux poids-lourds politiques: l'ancien Conseiller fédéral du PLR Pascal Couchepin et l'ex-patron du PDC Suisse, Christophe Darbellay.

Pascal Couchepin serein

Tous deux habitent en effet à Martigny et les militants rappellent que c'était déjà le second qui avait oeuvré en coulisses pour faire chuter Christoph Blocher en 2007. Et l'inimitié du premier pour le tribun zurichois de l'UDC est connue de longue date.

Pascal Couchepin n'a pas pris la mouche face à ces accusations. Certes, il rencontre régulièrement Christophe Darbellay, mais «fortuitement», comme il l'a indiqué. Et tous deux étaient convaincus qu'Oskar Freysinger n'était pas l'homme de la situation au Conseil d'Etat. Il réfute toute théorie de complot qui relève davantage de la paranoïa à ses yeux.

Responsable de sa propre chute

Du côté du PDC, c'est Serge Métrailler, le président du PDC du Valais romand qui s'est exprimé. «La stratégie du parti est de la responsabilité du président et non pas de Christophe Darbellay ou de Pascal Couchepin.» Aucun mot d'ordre n'a non plus été donné en faveur du candidat du PLR, Frédéric Favre, afin de provoquer l'éviction d'Oskar Freysinger. C'est ce dernier qui est responsable de sa propre chute, a estimé Serge Métrailler.

L'échec de son vice-président a également des répercussions au sein de l'UDC Suisse. Il faut à présent en analyser les raisons, a souligné le secrétaire général du parti, Gabriel Lüchinger. «Nous devons nous demander ce qui n'a pas fonctionné.»

Viré de la présidence du parti?

La non-réélection de son poulain a surpris au sein du parti. Oskar Freysinger avait obtenu le meilleur score en 2013 et quatre ans plus tard, le voici dorénavant hors du Conseil d'Etat. Visiblement, sa stratégie de campagne et d'alliance avec des candidats PDC n'a pas marché, a analysé Gabriel Lüchinger, qui cherche à en tirer les leçons.

Nul ne sait non plus si le Valaisan gardera son fauteuil de vice-président du parti suisse. L'assemblée des délégués doit se réunir le week-end du 25 mars mais elle sera précédée vendredi d'une session de la direction. Et la présence d'Oskar Freysinger à cette occasion n'est pas encore acquise. «Il ne s'est en tout cas pas décommandé», a assuré le secrétaire général du parti.

Les élections valaisannes figureront au programme du jour, ainsi que la possibilité de garder un vice-président qui n'a désormais plus de fonctions cantonales. Oskar Freysinger doit rester normalement en fonction jusqu'à la mi 2018. Il a rejoint la direction du parti en 2012. En cas de départ, il ne resterait plus que la Genevoise Céline Amaudruz comme représentante romande.

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