Fédérales 2011: L'UDC en force pour les élections fédérales

Actualisé

Fédérales 2011L'UDC en force pour les élections fédérales

L'UDC a le vent en poupe pour les élections fédérales de 2011, alors même que son électorat ne semble plus pouvoir grandir. Les autres formations seraient en baisse.

Eveline Widmer-Schlumpf s'impose comme une figure de proue de son parti, mais il manque aux dissidents de l'UDC un créneau à occuper.

Eveline Widmer-Schlumpf s'impose comme une figure de proue de son parti, mais il manque aux dissidents de l'UDC un créneau à occuper.

L'UDC part en force pour les élections fédérales, alors même que son électorat ne semble plus pouvoir grandir. Les autres formations, notamment le centre et la gauche, font pâle figure, au point de ne plus séduire leur propres sympathisants, selon trois experts interrogés par l'ATS. Le PBD et les Verts libéraux ont le vent en poupe.

Le centre est occupé avant tout par les partis bourgeois. «Le PDC et le PLR n'ont pas de réponses aux problèmes actuels», estime le politologue Georg Lutz. Leur électorat classique s'effrite toujours plus. En outre, les deux partis ne sont pas parvenus jusqu'à présent à diversifier leur base.

Le politologue Michael Hermann prédit même de nouvelles pertes au PLR si l'on juge les résultats cantonaux. Le principal problème du parti est qu'il est depuis longtemps au pouvoir, s'est usé et renvoie une image peu attractive.

Le centre se déchire

Quant au PDC, il se fait de l'ombre à lui-même, explique Georg Lutz. Lors des dernières élections il y a quatre ans, le parti doté d'un profil plus ouvert aux problèmes de société a ratissé au-delà de son camp traditionnel.

Mais la non-élection de Christoph Blocher a dans le même temps déçu son électorat conservateur. «Aujourd'hui, il manque aux chrétiens-démocrates un profil clair, ce qui les fait perdre sur les deux tableaux», estime-t-il.

Sans oublier la nouvelle concurrence au centre: Pascal Sciarini rappelle que le PBD a largement puisé des voix aux dépens du PLR lors d'élections cantonales. Les Verts libéraux émergent également comme une concurrence de plus en plus sérieuse pour les partis bourgeois, relève le Genevois.

Cette nouvelle voix écologiste s'est créée une véritable niche entre le centre et la gauche. Mais il manque encore des 'têtes' aptes à personnaliser le programme. Pour le PBD, c'est l'inverse: la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf s'impose certes comme une figure de proue du parti, mais il manque aux dissidents de l'UDC un créneau à occuper.

De l'avis unanime, le PBD et les Verts libéraux ont le vent en poupe car ils sont neufs sur la scène politique. «En n'ayant encore aucune faute à assumer, ils bénéficient d'une sort de bonus de départ», selon M. Hermann.

Les Verts libéraux pourraient d'ailleurs ne pas se contenter de piquer des voix au centre mais s'en aller pêcher à gauche. «Les électeurs qui élisaient socialiste pour ne pas soutenir le camp bourgeois disposent désormais d'une alternative», souligne Georg Lutz.

Divisions à gauche

Dans cette nouvelle configuration, le PS doit quant à lui faire face à des problèmes internes, notamment depuis l'adoption fin octobre lors de son congrès d'un programme très «socialiste». Pour M. Lutz, les dissensions apparues au grand jour ne sont pas idéales à la veille d'une campagne électorale.

Et pourtant les socialistes ont lancé des thèmes très porteurs, que ce soit avec l'initiative sur les armes, le débat sur les rémunérations abusives ou les forfaits fiscaux. Ces préoccupations sont à même de toucher l'électorat du centre. Mais cette opportunité est gâchée par le coup de barre à gauche.

Reste une lueur d'espoir au vu des dernières élections cantonales, bien que la tendance soit incertaine, selon Pascal Sciarini. Mais à chaque échéance, le PS doit lutter contre les Verts. «Le PS ne peut avancer que si les Verts reculent, et inversement», résume Georg Lutz.

Les avis divergent pour deviner lequel des deux tirera son épingle du jeu en 2011. Pour M. Lutz, les Verts profiteront de leur position tranchée contre l'initiative et le contre-projet sur le renvoi des étrangers. Pour M. Hermann, la banalisation du débat sur le climat va les desservir au profit du PS.

L'UDC attire les jeunes

Tous reconnaissent en revanche le dynamisme de l'UDC. Pour Pascal Sciarini, «ce parti se lance dans la campagne électorale avec une image de vainqueur».

C'est lui qui dicte l'agenda politique, survole les débats accrocheurs, prépare le mieux ses campagnes. Son seul problème: un électorat sur-exploité et difficilement extensible.

Mais pour Michael Hermann, cette formation qui a vu sa réserve de sympathisants stagner dans plusieurs cantons a réussi à séduire beaucoup de jeunes. «L'UDC a une ligne politique très claire qui plaît aux nouveaux électeurs», explique cet expert. (ats)

PBD et les Verts libéraux gagnants ?

Selon le dernier baromètre politique publié ce dimanche dans «Le Matin Dimanche» et la «SonntagsZeitung», le Parti socialiste obtiendrait actuellement 19,1% des voix, soit 0,4% de moins qu'en 2007. En octobre, un autre sondage, réalisé pour le compte de la SSR, lui octroyait 20,1% des intentions de vote.

Au centre de l'échiquier, le PLR se maintient: 17,1% des citoyens auraient voté pour lui en décembre et 17,2% en octobre. En 2007, les voix réunies des Libéraux et des Radicaux totalisaient 17,7%. Le PDC perd quelques plumes avec 14,1% des intentions de vote selon le premier baromètre et 13,8% selon le second (contre 14,5% en 2007).

Les Verts, qui avaient bien progressé entre 2003 et 2007 pour atteindre 9,6% des suffrages, rétrogradent à 9,1% selon le sondage du «Matin Dimanche» et de la «SonntagsZeitung», voire à 8,5%, selon le baromètre de la SSR.

Verts lib' et PBD

Les deux formations qui sortent gagnantes des deux sondages sont les Verts libéraux et le PBD. Si les Suisses avaient renouvelé leur Parlement en octobre dernier, les premiers auraient recueilli 3,8% des voix (contre 1,4% en 2007) et les seconds 3,6% (contre 0% en 2007 puisqu'à ce moment la formation ne s'était pas encore créée en se séparant de l'UDC). En décembre, les deux partis bénéficiaient respectivement de 3,2% et 4,5% des intentions de vote.

Ces tendances sont confirmées par les résultats des élections cantonales. Aussi bien le PBD que les Verts Libéraux sont parvenus à gagner des sièges dans les cantons. L'UDC a étoffé sa représentation, sauf dans les Grisons. Le centre a stagné voire reculé dans la plupart des scrutins. Le PS et les Verts ont également perdu des sièges sur l'ensemble des consultations cantonales, à l'exception de celles d'octobre dans le Jura.

Ton opinion