L'UDC fait campagne en Suisse romande en détournant Guillaume Tell
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L'UDC fait campagne en Suisse romande en détournant Guillaume Tell

L'UDC lance sa campagne en Suisse romande contre la libéralisation des drogues.

Avec le slogan «Un shoot pour nos enfants?» et une affiche provocatrice, le parti veut frapper les esprits en pleine période électorale, ont indiqué ses responsables.

Guillaume Tell ne porte plus son arbalète mais une seringue. Son fils le regarde «avec anxiété» et cherche à comprendre pourquoi il lui propose ce symbole de mort, a expliqué lundi Claude-Alain Voiblet, coordinateur romand de l'UDC.

Suisse romande

Le message est clair. Il se veut un choc propre à interpeller la population et à amener des voix à l'Union démocratique du centre (UDC) qui réaffirme son opposition farouche à toute dépénalisation des drogues. La campagne ne s'adresse qu'à la Suisse romande, a précisé le vice-président du parti Yvan Perrin.

En Suisse alémanique, «la résignation (face à la drogue) est beaucoup plus avancée», regrette le conseiller national neuchâtelois. L'UDC va thématiser encore d'autres enjeux durant cette période électorale qui comprend les niveaux fédéral, cantonal (Vaud) et communal (Genève), mais n'a pas voulu en dire davantage.

Pour Yvan Perrin, la proposition socialiste de libéraliser toutes les drogues est «irresponsable et criminelle». Elle montre que la volonté de la gauche est d'autoriser finalement «toutes les substances aussi dangereuses soient-elles».

Le bilan de la «banalisation» de la drogue est «catastrophique», juge le conseiller national genevois André Reymond. Un espace de consommation existe depuis 5 ans à Genève avec un taux de sevrage et de réinsertion quasi nulle, a-t-il lancé en mettant en garde les Lausannois contre l'ouverture d'un local d'injection.

Hypocrisie dénoncée

A ses côtés, le conseiller d'Etat vaudois Jean-Claude Mermoud a souligné également son opposition à de telles pratiques. Il a évoqué une réflexion pour disposer d'une base légale cantonale contre un local d'injection, alors que la Municipalité lausannoise relance son projet et vient de désigner la commission responsable.

L'UDC dénonce une hypocrisie générale et une «démission» de certains milieux. «On fait de la gestion avec les toxicomanes. On les came au maximum avec de la méthadone ou de la ritaline» afin qu'ils ne dérangent plus. Si une société sans drogue est une utopie, «c'est néanmoins ce but qui doit guider notre action», a conclu Yvan Perrin.

(ats)

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