L'UDC fête ses 90 ans et plonge dans ses racines
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L'UDC fête ses 90 ans et plonge dans ses racines

L'UDC s'est réunie samedi au «Bierhübeli» à Berne, lieu symbolique de sa création il y a 90 ans.

Tandis que Samuel Schmid plaidait en faveur de la concordance, Christoph Blocher et Ueli Maurer ont appelé le parti à défendre ses valeurs.

Le discours du «Bierhübeli» a posé les prémisses d'un parti paysan indépendant, ancêtre de l'UDC. Il a été prononcé le 24 novembre 1917 par Rudolf Minger, agriculteur de Schüpfen (BE) et premier à représenter le parti bernois des paysans et des bourgeois (PAB) au Conseil fédéral de 1929 à 1940.

«Déjà au moment de son élection au Conseil fédéral, il avait décidé qu'il redeviendrait paysan à la fin de son mandat au gouvernement», a rappelé le président de l'UDC Ueli Maurer devant 120 personnes. Seule une personne capable de s'affranchir du pouvoir est libre de ses décisions et «c'est sur cette conviction que nous fondons notre stratégie pour l'élection au Conseil fédéral».

Le président a ensuite rappelé qu'un siège au Conseil fédéral n'est pas un but en soi pour l'UDC, «c'est bien plus un moyen de mieux faire valoir notre politique». Selon lui, cet objectif ne peut être atteint qu'avec les personnes choisies par le parti. L'UDC quittera le gouvernement si ses deux candidats, Christoph Blocher et Samuel Schmid, ne sont pas réélus le 12 décembre par l'Assemblée fédérale, a répété M. Maurer.

«Discours précurseur»

Le conseiller fédéral Christoph Blocher a appelé le parti à continuer de s'engager en faveur de l'indépendance du pays, d'une Suisse démocratique et d'une Suisse neutre. Rudolf Minger l'a répété durant 40 ans, devenant ainsi un exemple en matière de fermeté, a rappelé le ministre de justice et police.

Pour négocier dans le cadre de la concordance, un parti doit avoir des positions, a relevé le conseiller fédéral. Rudolf Minger les a livrées dès 1917, son discours du «Bierhübeli» peut ainsi être considéré comme précurseur. M. Blocher a aussi évoqué sa crainte que le parti ne s'endorme sur ses lauriers après ses succès.

Pour la concordance

Le conseiller fédéral Samuel Schmid a préféré rappeler l'engagement de Rudolf Minger pour la proportionnalité et la concordance. Ce sont des valeurs pour lesquelles on doit encore aujourd'hui se porter garant, a-t-il déclaré.

La proportionnalité implique que les partis les plus forts doivent être représentés en conséquence au gouvernement. La concordance signifie aussi la collégialité, a expliqué le ministre de la défense.

La réunion s'est tenue à l'initiative de la section de Schüpfen. Elle s'est déroulée sous haute surveillance policière, mais n'a donné lieu à aucun incident, a précisé la police municipale bernoise. (ats)

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